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Navigo, loyers, gaz, prud’hommes : ce qui change le 1er août

Si l’augmentation du tarif Navigo risque de contrarier la plupart des abonnés, les nouveaux loyers de référence pourraient permettre à certains locataires de faire des économies.

• Les tarifs du passe Navigo augmentent

Pour se déplacer en métro régulièrement dans la capitale, il faudra désormais débourser la somme de 73 euros par mois contre 70 auparavant. Le prix d’un ticket de métro à l’unité augmente de 10 centimes, passant à 1,90 euros. Un carnet de dix tickets coûtera 14,50 euros (contre 14,10 euros). Bonne nouvelle pour les étudiants et les élèves: le forfait Imagine R reste inchangé.

• Les nouveaux loyers de référence entrent en vigueur

La loi ALUR entrée en vigueur le 1er août 2015 prévoit la généralisation del’encadrement des loyers pour les zones tendues. Actuellement, seule la région Île-de-France est concernée. Au 1er août 2016, les nouveaux loyers de référence prennent effet. Avec ce dispositif, le loyer au mètre carré fixé dans le bail d’habitation ne peut dépasser le montant du loyer de référence majoré fixé, sauf en cas de localisation ou confort justifiant un complément de loyer. Pour en connaitre le montant, bailleurs et locataires peuvent contacter l’Agence départementale d’information sur le logement de Paris (ADIL75), ou consulter la carte disponible sur le site de la Direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement (DRIHL).

• Reconduction du gel des loyers

Le texte, qui empêche le loyer du nouveau locataire d’excéder celui du précédent, sauf rares exceptions, s’applique à toutes locations vides et meublées situées dans les zones tendues (28 agglomérations), dès le 1er août pour un an.

Depuis août 2012, les loyers à la relocation sont encadrés dans les zones de «plus de 50.000 habitants, où il existe un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements». Ainsi, en cas de départ d’un locataire, le propriétaire ne peut pas fixer librement le montant du loyer.

En cas de travaux ou de «loyer manifestement sous-évalué», le texte prévoit qu’une augmentation de loyers encadrée puisse être appliquée. «Si aucune révision de loyer n’est intervenue au cours des douze mois précédant la conclusion du nouveau contrat de location», le loyer appliqué au nouveau locataire pourra être «révisé en fonction de la variation de l’indice de référence des loyers» (IRL), souligne le texte.

Le décret fixe également le montant maximum d’évolution des loyers en cas de renouvellement de bail.

• Le taux du PEL passe à 1%

Le taux de l’épargne logement passera de 1,5% à 1%, mais le crédit immobilier permettra d’emprunter à 2,2% contre 2,7% avec les anciens PEL. Dans quatre ans, le taux d’emprunt risque donc d’être très attractif. De son côté, le taux de rendement du Livret A reste maintenu à 0,75%, malgré un taux d’inflation faible (+0,2% sur un an). Le seuil maximal que l’on peut verser sur un Livret A reste donc de 22 950 euros.

• Les tarifs réglementés de vente de gaz augmentent de 2%

Au 1er août 2016, les tarifs réglementés de vente hors taxes d’Engie augmentent en moyenne de 2% par rapport au barème en vigueur en juillet 2016. Cette hausse est de 0,7% pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 1,2% pour ceux qui ont un double usage cuisson et eau chaude et de 2,1% pour les foyers qui se chauffent au gaz. Depuis le 1er janvier 2015, les tarifs réglementés de vente de gaz ont, en effet, en moyenne baissé de 17,1%.

• Nouvelles règles de saisine des prud’hommes

Jusqu’à présent, il était possible de saisir le conseil de prud’hommes via un simple formulaire. À partir du 1er août, il faudra envoyer une requête comportant les motifs de la demande ainsi qu’une copie des pièces listées sur un bordereau ou se présenter devant le bureau de conciliation.

Autre changement: les délégués permanents et non permanents des organisations syndicales seront remplacés par des défenseurs syndicaux qui pourront effectuer des missions de représentations en appel. La liste de ces défenseurs peut être consultée à la DIRECCTE, qui se charge d’établir et de renouveler cette même liste tous les quatre ans, ainsi que dans chaque conseil de prud’hommes et cours d’appel de la région.

• Un territoire étendu pour les avocats

La loi dite Macron du 6 août 2015 permet désormais aux avocats de postuler devant l’ensemble des tribunaux de grande instance du ressort de cour d’appel dans lequel ils ont établi leur résidence professionnelle. Une mesure qui entre en vigueur ce 1er août 2016 et élargit la territorialité de la postulation des avocats. D’après le cabinet d’avocats Gautier et Lhermitte «un avocat brestois pourra donc postuler seul -sans correspondant local- et représenter son client devant le Tribunal de Grande Instance de Quimper, Rennes etc.».


Ce qui ne change pas: le stationnement reste payant à Paris en août

Depuis 2015, le stationnement à Paris est payant durant le mois d’août, du lundi au samedi, de 9h à 20h, tandis que les dimanches et jours fériés restent gratuits. L’objectif de cette réforme consiste à dynamiser l’économie de la ville, en incitant les automobilistes à ne pas immobiliser longtemps une place dite «rotative», autrement dit susceptible de servir aux commerçants et professionnels lors de déplacements de courte durée. Pour une heure de stationnement, il faudra donc compter entre 2,40 et 4 euros en fonction des quartiers.

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Pourquoi le taux du PEL tombe à 1%

LE SCAN ÉCO – Alors que le taux du Livret A est maintenu à 0,75% jusqu’en août 2017, celui des nouveaux plans d’épargne logement passe de 1,5% à 1%. Cela est notamment dû à des taux d’intérêt au plancher.

Les plans d’épargne logement (PEL) ouverts à partir de ce lundi 1er août ne rapportent plus que 1%, contre 1,5% précédemment. La rémunération de ce placement bloqué pendant quatre ans, passe donc après prélèvements sociaux (15,5%) de 1,26% à 0,84%. Elle est désormais très proche de celle du Livret A(0,75%), très liquide, dont le taux ne bougera pas avant le 1er août 2017! Celui-ci aurait pourtant dû tomber à 0,5% le 1er août. Mais «compte tenu des perspectives d’une augmentation modérée de l’inflation d’ici à fin 2016, le gouverneur de laBanque de France estime qu’il est justifié de déroger à la stricte application de la formule de calcul, a fait valoir mi-juillet la Banque de France. Au regard de ces prévisions, il considère que le taux du livret A devrait aussi rester inchangé au 1er février prochain». C’est la première fois que les pouvoirs publics s’engagent à maintenir le taux du Livret A inchangé pendant un an. La proximité de l’élection présidentielle au printemps 2017, n’y est sûrement pas étrangère.

A contrario, le taux du PEL connaît lui sa deuxième baisse en six mois seulement. En février, celui-ci avait été ramené de 2% à 1,5%. Les raisons? Les taux d’intérêt sont au plancher. Le taux de l’emprunt d’État Français à 10 ans (OAT) est proche de 0% (0,11% vendredi 29 juillet). «Si la formule de calcul du taux des PEL était appliquée, celui-ci serait de 0,25%», a rappelé début juillet, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.

Une rémunération qui coûte cher

La rémunération du PEL coûte donc cher aux pouvoirs publics. D’autant que le taux en vigueur à l’ouverture du plan est acquis définitivement. Les ménages ne s’y sont pas trompés. Ces dernières années, le placement est devenu très populaire. Quelque 900.000 personnes ont ouvert un PEL au cours du premier trimestre et surtout au cours du mois de janvier afin de bénéficier du taux qui était alors de 1,5 %. Et malgré la baisse du rendement, les épargnants ont encore placé 8,7 milliards d’euros (collecte nette) sur leur plan, au cours des cinq mois de l’année. Soit presque autant que sur leurs contrats d’assurance-vie.

«La baisse du taux du PEL est moins sensible que celle du Livret A»

En baissant à nouveau, le taux du PEL, les pouvoirs publics «ont fait un geste en direction des banques», commente Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne. «Cela a pour objectif de réorienter l’épargne des ménages vers des placements à risques plus en phase avec les besoins de l’économie réelle. Le PEL, du fait d’un taux qui demeurait jusqu’à maintenant très attractif, captait une part croissante de l’épargne des ménages (…). La baisse du rendement du PEL est ainsi moins sensible que celle qui aurait pu concerner le Livret A qui aurait par nature toucher tous les épargnants».

Les nouveaux plans désormais très intéressants pour emprunter

Les PEL ouverts depuis ce lundi, bénéficient par ailleurs d’un taux d’emprunt désormais très intéressant. À l’issue de la période d’épargne de quatre ans, les épargnants pourront souscrire un prêt immobilier à 2,2 % (92.000 euros au maximum pendant 2 à 15 ans), contre 2,7% précédemment. Ce taux, se rapproche de la réalité du marché des crédits immobiliers (1,6% en moyenne). Mais qu’en sera-t-il dans quatre ans lorsque les premiers emprunts pourront être souscrits? Pouvoir emprunter à ce niveau de taux pourrait devenir très avantageux en cas de remontée des taux.

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Allemagne : un réfugié syrien se fait exploser à l’entrée d’un festival

Un réfugié syrien de 27 ans a déclenché un engin explosif devant un restaurant, à l’entrée d’un festival de musique à Ansbach (Bavière), près de Nuremberg, faisant 12 blessés dont trois graves. L’assaillant a été tué dans l’explosion.

L’Allemagne a de nouveau été frappée par une attaque, dimanche soir, en Bavière. Un réfugié syrien de 27 ans s’est fait exploser près du lieu où se tenait un festival de musique rassemblant quelque 2500 personnes, dans la ville d’Ansbach, près de Nuremberg, a indiqué lors d’une conférence de presse le ministre de l’Intérieur bavarois, Joachim Herrmann, dans la nuit de dimanche à lundi. Cette explosion, qualifiée d’attentat par les autorités, a provoqué une douzaine de blessés, dont trois graves. «Il s’agit malheureusement d’un nouvel attentat», a déclaré le ministre de l’intérieur du Land de Bavière, Joachim Herrmann, qui n’a «pas exclu» une piste islamiste.

Le fait qu’il ait voulu attenter à la vie d’autrui plaide en faveur de cette hypothèse, a-t-il ajouté. Le directeur adjoint de la police d’Ansbach, Roman Fertinger, a parlé d’«indices» selon lesquels des pièces de métal ont été ajoutées à l’explosif. Les éléments retrouvés dans son sac à dos était suffisants pour faire un grand nombre de victimes, a précisé le ministre bavarois de l’Intérieur.

Le ministre a précisé que l’homme avait tenté de pénétrer dans le périmètre où se tenait ce festival, mais avait été refoulé à l’entrée. S’il n’a pas dévoilé son identité, il a toutefois précisé que sa demande d’asile en Allemagne avait été refusée il y a un an mais il avait pu rester sur le territoire allemand en raison de la situation en Syrie. «Il avait l’intention d’empêcher» la tenue d’un festival de musique pop auquel participaient 2500 personnes, a déclaré le ministre Joachim Herrmann.

Assez d’explosifs pour faire un grand nombre de victimes

«Il n’est pas clair si l’homme a voulu se suicider, ou s’il voulait tuer des gens», a ajouté Joachim Hermann, après avoir indiqué que l’homme avait déjà tenté de se suicider à deux reprises par le passé, et avait fait un séjour en clinique psychiatrique. Pour l’heure, il n’était, selon le ministre, pas possible de dire si l’auteur était radicalisé, même si aucune piste n’était à exclure.

Plus tôt dans la nuit, un porte-parole de la police avait affirmé que l’homme tué dans l’explosion était probablement seul. Il n’y a «aucun signe d’autres agresseurs», avait-il déclaré.

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L’explosion a été entendue à 22h12, a indiqué la police locale, à côté d’un restaurant situé à l’entrée du festival Ansbach Open Music Festival. Cette manifestation a été interrompue. Tout le centre de cette localité de Bavière a été investi par les secours et ses accès bloqués par la police.

L’Allemagne frappée par une série d’attaques

L’Allemagne a connu ces jours-ci plusieurs attaques visant des civils. Lundi dernier, un réfugié de 17 ans avait attaqué les voyageurs d’un train de Bavière avec un couteau et une hachette, blessant cinq personnes avant d’être pris en chasse et abattu par la police. Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) avait revendiqué cet acte.

Vendredi soir, à Munich, un Germano-Iranien de 18 ans a ouvert le feu sur la foule aux abords d’un centre commercial et à l’intérieur, faisant neuf morts et 35 blessés, avant de se suicider. Tout mobile terroriste a été écarté par les enquêteurs.

Enfin, ce dimanche, un demandeur d’asile syrien de 21 ans a tué une femme à la machette et blessé trois autres personnes, à Reutlingen, dans la région de Stuttgart. Les autorités penchent pour le «crime passionnel».

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Allemagne: un mort dans une agression à la machette

Un demandeur d’asile syrien de 21 ans a attaqué dimanche des passants dans la région de Stuttgart. La police privilégie la piste du «crime passionnel». Le pays a subi trois traumatismes en une semaine.

Correspondant à Berlin

Si l’Allemagne n’a toujours pas connu son 13 novembre, elle vient de vivre une semaine particulièrement sanglante et traumatisante. Dimanche, vers 16h30, un homme armé d’une machette a attaqué des passants en pleine rue, près de la gare routière de Reutlingen, localité de la banlieue de Stuttgart, tuant une femme enceinte et blessant au moins deux autres personnes. Les autorités policières ont confirmé aux médias allemands cette information initialement révélée par le quotidien Bild Zeitung sur son site Web et amplement relayée en début de soirée. Une violente dispute aurait auparavant éclaté entre la victime et l’assaillant, décrit par un communiqué de la police de Reutlingen comme un demandeur d’asile syrien de 21 ans et «connu des services de police».

«L’auteur de l’attaque était complètement déchaîné. Il a même couru après une voiture de police, avec sa machette», a décrit un témoin au journal, ajoutant qu’«un automobiliste a donné un coup d’accélérateur et l’a renversé» et mis l’assaillant hors d’état de nuire. La police est rapidement intervenue et a arrêté le suspect qui gisait au sol. «Selon nos connaissances actuelles, il s’agit d’un acte isolé», a indiqué la police de la ville, qui privilégie la piste du «crime passionnel». Un porte-parole de la police a par ailleurs souligné qu’il n’y avait pas d’indices accréditant la thèse terroriste.

Les circonstances de ce nouveau drame sanglant sont encore floues mais risquent de traumatiser encore davantage un pays qui a connu deux autres attaques aveugles visant la population en moins d’une semaine. Lundi soir, un réfugié afghan de 17 ans avait attaqué les passagers d’un train régional bavarois, dans la ville de Würzburg, avec un couteau et une hache, blessant cinq personnes avant d’être abattu par la police. On avait retrouvé un drapeau de Daech à son domicile. Cette attaque avait d’ailleurs été revendiquée par la suite par l’organisation terroriste, qui, pour la première fois, faisait ainsi irruption dans une Allemagne qu’elle avait jusqu’alors épargnée.

Puis, vendredi soir, à Munich, capitale de la Bavière, un forcené germano-iranien de 18 ans a ouvert le feu sur la foule dans un centre commercial, faisant 9 morts et 35 blessés, dont 11 graves, avant de se suicider. La troisième ville du pays a été mise en état d’urgence et totalement paralysée toute la soirée, avant que les enquêteurs ne finissent par écarter toute motivation terroriste. Mais cette succession de drames risque d’avoir des conséquences encore imprévisibles. Ces derniers mois, plusieurs attaques djihadistes, moins graves, ont eu lieu ou ont été déjouées outre-Rhin, faisant craindre l’éventualité d’un attentat comparable aux attaques de Paris ou de Bruxelles sur le sol allemand. Certains partis n’hésitent plus à s’emparer de ces attaques à des fins politiques, notamment le parti populiste AfD, dont des cadres avaient appelé, dès vendredi soir, les Allemands à voter pour eux, sur les réseaux sociaux, alors que l’opération policière était encore en cours à Munich.

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Attentat de Nice : le terroriste avait soigneusement planifié son acte

Les premiers éléments de l’investigation attestent que Mohamed Lahouaiej Bouhlel a préparé l’attaque bien en amont, menant notamment des repérages sur la promenade des Anglais. Les enquêteurs sont convaincus qu’il a bénéficié de complicités.

L’hypothèse d’une équipée sanglante soudain menée dans la baie des Anges par un fou sur le coup d’une bouffée délirante vole en éclats.Comme l’a révélé dimanche Le Figaro, le carnage de Nice, soldé par un bilan provisoire de 84 morts jeudi soir et revendiqué 72 heures plus tard par l’État islamique, a été orchestré exactement dix jours avant son exécution. En effet, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a réservé son camion frigorifique dès le 4 juillet avant d’aller le chercher à Saint-Laurent-du-Var une semaine plus tard. Le procureur François Molins a précisé jeudi que le tueur aurait dû rendre son engin le 13 juillet, soit la veille de semer la mort sur la promenade des Anglais. Au lieu de cela, comme l’attestent divers éléments techniques, l’ancien chauffeur a effectué ce jour-là, et peut-être même la veille, des repérages afin d’avoir la certitude de faire le maximum de victimes sur le trajet programmé. Quelque 30.000 personnes s’étaient réunies pour assister au feu d’artifice.

Par ailleurs, la piste du tueur isolé, évoquée au premier stade de l’enquête, pourrait elle aussi faire long feu. En effet, les enquêteurs sont convaincus que le «soldat de Daech» a disposé de complicités. Dimanche, sept personnes de son entourage, toutes soupçonnées d’avoir apporté un «soutien logistique», étaient en garde à vue dans le cadre de l’enquête pour «assassinats en bande organisée» confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (Dgsi) et à la Sous-direction antiterroriste (Sdat). Une source proche du dossier a indiqué auFigaroque Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a envoyé un SMS à 22h27, c’est-à-dire quelques minutes avant l’attaque, pour «commander des armes supplémentaires» à un mystérieux correspondant. L’identité de ce dernier, qui pourrait être l’un des gardés à vue, est en cours de vérifications. Mais celles-ci sont compliquées dans la mesure où, toujours selon nos informations, une cinquantaine de lignes sont passées au crible et qu’elles ne correspondent pas toutes au nom de leurs propriétaires.

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, qui a envoyé une série d’autres messages en cours d’exploitations opérationnelles, se serait aussi félicité de «s’être procuré un pistolet 7.65». Enfin, il s’est par ailleurs pris à plusieurs reprises en photo à l’aide de son téléphone portable, posant devant ainsi qu’au volant du camion entre le 11 et le 14 juillet. Au moins un de ces clichés aurait été envoyé à son frère en Tunisie, là encore par SMS. Au total, plus de 200 enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) sont mobilisés pour identifier l’ensemble des destinataires de ces messages.

Depuis 96 heures, les enquêteurs cherchent par ailleurs à déterminer la provenance de son pistolet 7.65, une arme de petit calibre, assez répandu dans le milieu des cités.

Lors de son audition et avant d’être relâchée dimanche, l’ex-compagne du tueur, en instance de divorce après des violences conjugales, a affirmé que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel s’est radicalisé très récemment. Dans les quinze derniers jours précédant l’attaque, selon nos informations, le Tunisien de 31 ans à l’existence tapageuse de fêtard s’est subitement livré à l’apologie de l’État islamique. Cette brutale métamorphose a été corroborée par au moins un autre des gardés à vue, parmi lesquels se trouve un couple d’Albanais. Unanimes, les suspects ont dépeint l’ex-chauffeur livreur comme un individu à la personnalité impulsive, chaotique, en proie à une violence sourde. Depuis 2010, date de ses déboires judiciaires pour vols ou coups et blessures, il ne s’était jusqu’alors distingué que pour faire la fête, boire de l’alcool avec sa voisine de palier ou encore danser la salsa. N’observant guère le ramadan, ni ne mettant a priori jamais les pieds dans une salle de prières, il se comportait donc en apparence comme les «mécréants» que honnissent les propagandistes de Daech. A-t-il pu être un adepte de la «taqiya», c’est-à-dire la technique islamique de la dissimulation pour n’émettre que d’imperceptibles signaux et ainsi passer sous les radars des services? Rien n’est moins sûr tant le personnage, volontiers décrit comme d’une «intelligence limitée», semblait peu structuré et d’un genre plutôt instable.

Or, c’est précisément parmi ces personnalités faibles et influençables que Daech tente de recruter. «À la différence d’al-Qaida, l’État islamique accepte toutes les recrues qui se présentent, quel que soit leur pedigree, car il pose comme principe de ne faire aucune discrimination parmi les musulmans, confiait en septembre dernier au Figaro le journaliste David Thompson, auteur du livre Les Français jihadistes(éditions Les Arènes). Même si les médecins ou les ingénieurs sont très recherchés, des aveugles, des personnes en fauteuil roulant ou présentant tout type de handicap peuvent rejoindre leurs rangs. Les seuls tests, portant sur la personnalité du candidat et ce qu’en disent les réseaux sociaux, visent à débusquer les espions…»

Archétype du «lumpenterroriste» qui n’a jamais mis les pieds en zones de combat, ni même peut-être jamais pris physiquement contact avec un responsable de l’organisation terroriste, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a juste répondu aux stimuli du porte-parole officiel de l’EI, Abou Mohammed Al-Adnani, quand il disait: «Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle (…) débrouillez-vous (…) renversez-les avec votre voiture.»

Inconnu des services spécialisés, tant en France qu’à l’étranger, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel n’a, au dernier stade de l’enquête, rédigé aucun testament. Ni prêté allégeance à Daech comme le font les djihadistes morts en «martyrs». Pour l’instant, l’exploitation du matériel informatique et du téléphone saisis n’a pas permis d’éclairer les circonstances de son indicible raid.

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Attentat de Nice : le point sur les derniers élements de l’enquête

VIDÉO – Les enquêteurs tentent toujours de cerner la personnalité de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Trois des sept gardés à vue étaient transférés dimanche soir dans les locaux de l’antiterrorisme à Levallois-Perret.

 Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait repéré les lieux, et orchestré le massacre des jours auparavant. L’auteur de l’attentat de la promenade des Anglais de Nice avait repéré les lieux les 12 et 13 juillet avec son poids lourd loué, qui a servi à perpétrer le carnage du 14 juillet, selon une source proche du dossier citée par l’AFP. Et selon les informations de notre journaliste Christophe Cornevin, le tueur a réservé dès le 4 juillet le camion frigorifique à Saint-Laurent-du-Var. Comme l’a précisé le procureur Molins, il a ensuite récupéré l’engin de 19 tonnes le 11 juillet et devait le rendre la veille de son équipée sanglante. Par ailleurs, toujours selon des sources proches de l’enquête contactées par Le Figaro, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a envoyé un texto à une des personnes aujourd’hui en garde à vue, peu avant de perpétrer son attentat. On ne connaît toutefois pas la teneur de ce message.

• Le pronostic vital toujours engagé pour 18 personnes. En fonçant à bord d’un camion sur la foule, le tueur a fait 84 morts, dont dix enfants et adolescents. Le pronostic vital est toujours engagé pour 18 personnes, dont un enfant, a affirmé ce dimanche matin Marisol Touraine, la ministre de la Santé. Au moins une dizaine de personnes» de la communauté russe de Nice, «sans doute plus», ont été tuées ou blessées dans l’attentat, selon certains de ses représentants cités dimanche. Au moins 17 étrangers figurent également parmi les morts.

 Trois nouvelles interpellations, fin de la garde à vue pour l’épouse du tueur. Les deux personnes interpellées dimanche, un couple d’Albanais, font partie de l’entourage de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, selon une source policière. Cet homme et cette femme, interpellés à Nice, sont soupçonnés d’avoir apporté une aide logistique à Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Une troisième personne a été arrêtée dans l’après-midi. Ces nouvelles interpellations viennent s’ajouter aux gardes à vue de quatre hommes. Selon nos informations, un convoi transportant trois des sept gardés à vue a quitté dimanche soir Nice pour les locaux de l’antiterrorisme basés à Levallois-Perret.

L’un des gardés à vue, un homme de 22 ans qui connaissait le terroriste «depuis quelques mois», a déclaré que ce dernier «était intégré, il connaissait beaucoup de monde», rapporte son avocat. Le gardé à vue «ne s’est jamais radicalisé, donc de facto il n’aurait jamais pu être sur la même conduite de vie que Mohamed Lahouaiej Bouhlel», a ajouté Me Jean-Pascal Padovani, précisant: «il ne pouvait pas être assez dans l’intimité de Mohamed Lahouaiej Bouhlel pour l’avoir remarquée, cette radicalisation». Dans les affaires de terrorisme, la garde à vue peut atteindre 96 heures en France, soit 48 heures de plus que la durée d’une garde à vue dans les affaires de droit commun.

L’épouse du tueur, en instance de divorce avec Lahouaiej-Bouhlel, a pour sa part été relâchée ce dimanche matin. Elle était interrogée depuis vendredi matin. «Elle était isolée, elle n’a pas perçu ce qui se passait à l’extérieur. Cette dame s’est retrouvée effondrée par l’acte commis par son mari, père de ses trois enfants», a expliqué à l’AFP son avocat, Me Jean-Yves Garino. «Elle avait subi des coups répétés de son mari, des violences physiques et du harcèlement. Le divorce était en cours. Il avait aussi frappé la mère de ma cliente. Des plaintes avaient été déposées», précise son avocat.

• Des centaines de témoins déjà entendus. Plusieurs témoins interrogés, parmi la centaine déjà entendue, ont évoqué la religiosité du Tunisien. Son père avait pourtant affirmé qu’il n’avait «aucun lien avec la religion». L’auteur de l’attentat, revendiqué par le groupe État islamique, semblait jusque-là avoir davantage un profil de déséquilibré, inconnu des services de renseignement français, seulement connu pour des faits de délinquance ordinaire. «Il semble» que le chauffeur livreur tunisien de 31 ans se soit «radicalisé très rapidement», a ainsi déclaré samedi le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

• Un «frimeur» et un «dragueur». Dans la petite salle de sport du centre de Nice que fréquentait jusqu’à il y a deux ans environ Mohamed Lahouaiej Bouhlel, les abonnés se souviennent d’un «frimeur», un «dragueur», a raconté dimanche à l’AFP un témoin. «Limite, il était lourd», rapporte ce témoin. Une femme qui avait eu à subir ses avances évoque «quelqu’un qui draguait tout ce qui bouge». Selon un autre témoin de cette salle de sport, cité par Nice-Matin, Mohamed Lahouaiej «prenait pas mal de trucs pour se muscler, il se piquait avec des stéroïdes anabolisants, pour la gonflette».

• «J’ai tiré jusqu’à ce qu’il ne bouge plus.» RMC a pu consulter le PV d’audition des trois policiers qui sont intervenus pour stopper le conducteur. Selon le site de BFMTV, qui en raconte le contenu, ils ont reçu vers 22h45 un appel radio les informant qu’un camion avait pénétré sur l’avenue et ont immédiatement couru en sa direction, armés. Selon eux, le poids lourd réalisait bien des embardées volontaires pour faire le maximum de victimes. «Arrivés à hauteur du camion, les policiers aperçoivent un civil, hissé sur le marchepied, qui essaie d’intervenir, dans un acte héroïque, pour maîtriser le conducteur. Une première détonation résonne, le véhicule s’arrête. Mohamed Lahouaiej Bouhlel vient de tirer», relate BFMTV. Un échange de tirs s’ensuit. L’un des gardiens de la paix, qui compte neuf ans de service, se protégeait derrière un palmier: «J’ai tiré pour le neutraliser, j’ai tiré jusqu’à ce qu’il ne bouge plus.» À eux trois, les policiers ont tiré à 27 reprises.

(Avec agences)

 

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LE RÊVE BLEU BRISÉ PAR LE PORTUGAL EN FINALE DE L’EURO 2016

L’équipe de France s’est inclinée en finale de son Euro face au Portugal (0-1 a.p.) dimanche au Stade de France. Une immense déception.

De l’un de nos envoyés spéciaux au Stade de France

La France n’est plus invincible à la maison

Des regrets. Eternels. Au 9 juillet 2006, il faudra désormais ajouter le 10 juillet 2016 à la liste des dates malheureuses. Terriblement frustrantes. Où la France a buté sur la dernière marche. Celle menant à la gloire. Dix ans après le coup de boule de Zidane en finale de la Coupe du monde en Allemagne, contre l’Italie de Materazzi, c’est un coup de patte d’Eder qui a causé la perte des Bleus dimanche en finale de «leur» Euro au Stade de France (0-1 a.p.). Sous les yeux des illustres aînés, Emmanuel Petit, Robert Pirès, Marcel Desailly et surtout Aimé Jacquet. La déception est énorme. A la hauteur du fol espoir né d’une nuit de folie jeudi dernier. Après avoir éjecté le champion du monde allemand de la compétition, la France se voyait déjà en haut de l’affiche. Prête à descendre à nouveau dans la rue pour fêter la génération Griezmann comme celles de Platini et Zidane. Malheureusement, les héros de Marseille étaient fatigués. Et le Portugal a tout gâché. Dompté sa bête noire qui l’avait tant chagriné et martyrisé en demi-finales des championnats d’Europe 1984 et 2000, et du Mondial 2006. Pour décrocher le premier titre majeur de son histoire. Les Bleus, eux, devront encore patienter avant de garnir un palmarès bloqué depuis l’Euro 2000. Le goût d’inachevé est amer.

La chance a quitté le camp bleu au plus mauvais moment

Ces Bleus-là ont parcouru tant de chemin pour en arriver-là. Déjoué tous les pièges du premier tour (Roumanie, Albanie, Suisse) et même des phases finales (Irlande, Islande). Se sont sublimés face à l’ogre allemand en demi-finales (2-0). Pour finalement être stoppés net dans leur bel élan. Au pire moment. Tellement rageant. Ils avaient tellement à offrir. Tant de sourires à redonner dans un contexte politique, social et sécuritaire délicat. Au sortir d’une saison pourrie par les blessures, les drames et les polémiques, Il semblait écrit que cette histoire se terminerait bien. Que la bonne étoile de Didier Deschamps veillerait sur ses petits protégés. La magie basque n’a pas opéré. Pas jusqu’au bout en tout cas. On y croyait pourtant avec la sortie prématurée de Cristiano Ronaldo, touché au genou gauche après un contact avec Dimitri Payet en tout début de rencontre. En larmes, sur une civière, sous les applaudissements de tout un stade, CR7 abandonnait ses coéquipiers. L’une des images fortes de cette finale 2016.

Anesthésiés, comme le public, par ce fait de match et une longue interruption après une entame tonique et convaincante, les Bleus perdaient malheureusement de leur superbe au fil des minutes. La crispation gagnait les travées dionysiennes après les échecs de Griezmann (66e), Giroud (75e) et Sissoko (84e). Et surtout le poteau de Gignac (90e+2). La tension s’intensifiait sur les différents bancs. Le mauvais scénario se profilait avec des joueurs français physiquement atteints. Les alertes se multipliaient dans une prolongation étouffante. Lloris sauvait sur sa ligne sur une tête d’Eder (104e). Sa barre le suppléait sur un coup franc de Guerreiro (108e). Et la France finissait par craquer. Sur un rush d’Eder, plus solide que Koscielny, ponctué par une frappe rasante sur laquelle Lloris devait s’incliner (109e). Le banc portugais pouvait exulter. Les Tricolores se prendre la tête dans les mains. Dix minutes plus tard, tous ou presque s’effondraient. Pour la plupart en pleurs. Le rêve s’est envolé…

Et pourtant, Moussa Sissoko a crevé l’écran. La révélation de cette fin de compétition a multiplié les percées. Pour casser les lignes portugaises. Tout en puissance. Tel un déménageur que la France du football a véritablement découvert depuis la Suisse en phase de groupes. Le milieu de terrain de Newcastle était tout simplement partout. Une détermination impressionnante. Le joueur offensif le plus en vue. Homme providentiel du début d’Euro, Dimitri Payet, en dedans, est malheureusement resté sur la lignée de sa performance sans saveur contre l’Allemagne. Toujours aussi vaillant et précieux dans le domaine aérien, Olivier Giroud n’a pas eu les munitions pour s’illustrer. Ce n’est pas le cas d’Antoine Griezmann. Le nouveau chouchou du football français risque de ressasser longtemps cette tête lobée parfaitement stoppée par un Rui Patricio de gala (10e). Mais surtout son coup de boule en position idéale, filant juste au-dessus de la barre (66e). Celle-ci coûte cher à l’arrivée. Très cher.

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LES NOTES DES BLEUS : SISSOKO MONSTRUEUX, KOSCIELNY A FAILLI

Découvrez les notes attribuées par nos envoyés spéciaux à Saint-Denis après la défaite des Bleus en finale de l’Euro face au Portugal (0-1 a.p.).

Par Aurélien Billot et Vincent Duchesne

Hugo Lloris (6,5) : Dans la lignée de son Euro, le capitaine français a fait le boulot dimanche soir. Longtemps au chômage technique, il a maintenu l’équipe à flots quand le Portugal a commencé à mettre le nez à la fenêtre. Un double arrêt sur un centre-tir de Nani et une reprise acrobatique de Quaresma (80e). Un autre sur une tête d’Eder (103e). Sauvé par sa transversale sur un coup franc de Guerreiro (108e), il ne peut pas grand-chose sur le tir rasant d’Eder (109e).

Bacary Sagna (5,5) : Le danger n’est que très rarement venu de son côté. Le Mancunien a bien fermé son couloir et s’est aussi autorisé quelques montées. Plus qu’à l’accoutumée. Mais pas assez non plus. Et malheureusement, ses centres ont trop souvent manqué de précision.

Laurent Koscielny (5) : Il se fait bouger au duel par Eder sur le but de la victoire portugaise (109e). De quoi sérieusement noircir sa copie. Dommage car avant cet impair, le Gunner s’était montré tranchant. Même s’il n’a pas dégagé la même sérénité que face aux Allemands. Averti pour une main imaginaire (107e) qui entraîne le coup franc sur la barre de Guerreiro.

Samuel Umtiti (6) : Du haut de ses 22 ans, il n’a pas à rougir de sa prestation.Pour sa troisième sélection, qui plus est en finale d’un Euro, le néo-Barcelonais a assuré. Appliqué dans ses relances et ses interventions, Il enlève notamment un ballon de but à Nani en coupant le centre de Joao Mario (56e). A pris rendez-vous pour 2018.

Patrice Evra (6) : Sa montée rageuse agrémentée d’un petit pont a donné le ton (5e). Le Turinois, pas toujours à la fête en sélection, s’est plutôt montré à son avantage face au Portugal. Solide et tranchant derrière. Et pas inintéressant devant, comme lorsqu’il a servi Gignac, dont le tir a heurté le poteau (90e+2).

Paul Pogba (5) :  Positionné très bas, presque comme sentinelle devant la défense, le Turinois a beaucoup œuvré dans les tâches obscures. Au détriment de son jeu offensif. Or, c’est bien dans ce domaine que l’on attend un joueur de son talent… Averti pour une charge sur Joao Mario (114e).

Blaise Matuidi (6) : Ses larmes au moment de recevoir sa médaille de finaliste vont rester. Inconsolable, le Parisien avait démarré très fort. Avec un gros travail de harcèlement dans la récupération. Un gros abattage en première période. Avant de plonger physiquement les minutes avançant. Dans le combat, il a répondu présent. Averti à la 97e minute pour une bousculade sur Eder.

Moussa Sissoko (8) : Quel match ! Il était partout. Des perforations balle au pied exceptionnelles, une puissance impressionnante et deux occasions avec deux frappes repoussées par Rui Patricio (34e, 84e). Il ne lui a manqué qu’un but pour réussir la soirée parfaite. Termine sur les rotules après tant d’efforts. Remplacé par Anthony Martial (110e) qui a la balle d’égalisation au bout pied mais son tir est contré (122e).

Antoine Griezmann (5) : Buteur lors des trois derniers matches, le Madrilène a eu les occasions pour prolonger sa série. Mais il a soit manqué de justesse (7e, 66e), soit buté sur l’excellent Rui Patricio (10e, 58e). Termine malgré tout meilleur réalisateur de l’Euro(six buts). Maigre consolation.

Dimitri Payet (5) : Son principal fait d’arme lors de cette finale : la blessure de Cristiano Ronaldo après un contact rugueux. Cela peut paraitre sévère, réducteur. Mais on n’a pas retrouvé le Payet du début d’Euro, virevoltant et enthousiasmant. Un excellent ballon pour la tête de Griezmann (10e). Un autre pour Sissoko (34e). Remplacé par Kingsley Coman (58e), plus énergique. Le Munichois a apporté du peps. C’est d’ailleurs sur l’un de ses centres que Griezmann rate le coche de la tête (66e).

Olivier Giroud (5,5) : Le joueur d’Arsenal a livré un gros combat avec les défenseurs axiaux portugais, Pepe et Fonte. Précieux dans son jeu dos au butmais trop peu dangereux, hormis sur une frappe croisée repoussée par Rui Patricio (75e). Remplacé par André-Pierre Gignac (78e), qui aurait pu devenir le héros de la soirée si sa tentative de la dernière chance n’avait pas échoué sur le poteu (90e+2).

La France a écrasé l’Islande (5-2) au Stade de France pour se hisser en demi-finales de l’Euro 2016.

LES BLEUS ONT BRISÉ LA GLACE POUR FILER EN DEMIES CONTRE L’ALLEMAGNE

La France a écrasé l’Islande (5-2) au Stade de France pour se hisser en demi-finales de l’Euro 2016.

De l’un de nos envoyés spéciaux au Stade de France

France-Allemagne en demi-finales

Pas de mauvaise surprise. Ni même de frayeur. Non, rien de tout ça. Pour la première fois depuis l’Euro 2000, la France disputera les demi-finales d’un Championnat d’Europe, objectif fixé par le président de la Fédération Française de football (FFF), Noël Le Graët avant le début de la compétition. A l’issue d’une prestation enfin convaincante. Éclatante. Surprise de cet Euro 2016, l’Islande, bourreau de l’Angleterre en 8es, n’aura pas existé. Balayée par des Bleus sérieux et surtout déterminés (5-2). Ni les Vikings, ni la pluie incessante, ni même la température indigne d’un mois de juillet n’ont eu raison d’une équipe de France rafraîchissante. Au rendez-vous des ambitions. Prête à défier l’Allemagne jeudi prochain à Marseille pour un remake savoureux du quart de finale perdu par la bande à Deschamps (0-1) lors du Mondial 2014.

Une entame de match tonitruante

Les joueurs français l’avaient martelé durant toute la semaine : il ne fallait plus seulement réagir mais agir ! De la parole aux actes, il n’y a qu’un pas. Que les Bleus ont franchi. Avec brio. Envie surtout. Étouffant un adversaire déboussolé. Surpris par ces Français morts de faim et piquants d’entrée. Après seulement vingt minutes de jeu, la France avait déjà fait le break. La Marseillaise retentissait dans l’enceinte dionysienne. Grâce à Giroud (1-0, 12e), idéalement lancé par Matuidi, et Pogba. D’une tête rageuse sur corner (2-0, 20e). Symbole de la domination physique des Bleus malgré une petite alerte signée Bodvarsson (25e). Technique aussi avec une supériorité territoriale concrétisée coup sur coup par Payet (3-0, 43e), puis Griezmann (4-0, 45e). Totalement dépassée, l’Islande profitait d’une légère baisse de tension après la pause pour réduire l’écart. Par Sigthorsson, plus prompt qu’Umtiti qui fêtait sa première sélection à 22 ans (4-1, 56e), et Bjarnason (5-2, 84e). La seule petite fausse note côté bleu. Car entre-temps, Giroud avait encore frappé (5-1, 59e). Permettant ainsi à Deschamps de le ménager (60e) en vue de la demi-finale. Tout comme Koscielny (72e), lui aussi sous le coup d’une suspension en cas de carton jaune. Un festival offensif, pas de souci physique majeur, ni même de sanction administrative enquiquinante. Et surtout une belle communion avec le public au coup de sifflet final. Quelle belle soirée !

Griezmann et Giroud font la paire

Difficile de ne pas s’attarder sur les performances des joueurs offensifs. Olivier Giroud notamment avec deux buts et une astucieuse talonnade pour Antoine Griezmann, l’autre grand bonhomme de la soirée. L’attaquant de l’Atlético Madrid, auteur d’un doublé salvateur contre l’Irlande, s’est cette fois-ci illustré par son altruisme (deux passes décisives). A l’aise dans un rôle d’électron libre, le Mâconnais a quand même trouvé le moyen de faire trembler les filets. Pour devenir le meilleur buteur de la compétition (4 buts). Muet depuis le 11 octobre 2014, Paul Pogba, après une entame compliquée, a lui répondu à ses détracteurs. En épurant son jeu. En étant surtout efficace avec une implication sur deux des quatre premiers buts. Le Turinois vous salue bien.

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LES NOTES DES BLEUS : GIROUD ET GRIEZMANN S’ENFLAMMENT, EVRA S’ÉTEINT

Découvrez les notes attribuées par nos envoyés spéciaux à Saint-Denis après la qualification des Bleus pour les demi-finales de l’Euro aux dépens de l’Islande (5-2).

Par Aurélien Billot et Vincent Duchesne

Hugo Lloris (6) : Peu sollicité, le capitaine des Bleus réalise un arrêt exceptionnel sur sa ligne suite à une tête à bout portant d’Ingason (63e). Il ne peut pas grand-chose sur les deux buts encaissés. Rassurant et propre dans ses prises de balle et ses rares interventions.

Bacary Sagna (6) : Pas de passe décisive cette fois-ci pour le latéral droit de Manchester City. Mais l’un de ses centres est à l’origine du troisième but signé Dimitri Payet (43e). Pas mal pour un joueur décrié pour son faible apport offensif. Et sur le plan défensif, rien à lui reprocher. Le duo formé avec Moussa Sissoko a plutôt bien fonctionné.

Laurent Koscielny (6) : Le taulier. Son camarade de jeu dans l’axe de la défense ne cesse de changer depuis quelques mois (Varane, Rami, Umtiti). Mais lui est toujours là. Fidèle au poste. Un match solide face aux gaillards islandais. Remplacé par Eliaquim Mangala (72e) par précaution, afin de lui éviter un carton jaune synonyme de suspension pour la demi-finale contre l’Allemagne.

Samuel Umtiti (5,5) : Pour sa toute première sélection, le futur Barcelonais, 22 ans, s’est avant tout attelé à jouer simple, le plus souvent pour Koscielny, son compère de la charnière. Solide dans l’ensemble. Même s’il est pris de vitesse par Sigthorsson sur le premier but islandais (56e). Averti pour une faute d’antijeu (75e).

Patrice Evra (4,5) : Le seul joueur français un ton en-dessous. Le premier but islandais vient de son côté (56e). Et sur le deuxième, il oublie de marquer Bjarnason (84e). «Je réponds toujours présent dans les grands rendez-vous», avait clamé le Turinois en conférence de presse. Pour ce coup-ci, c’est raté !

Paul Pogba (7) : Un «coup de boule» rageur pour faire le break (20e). Et une passe lumineuse pour lancer Griezmann sur le quatrième but (45e), le Turinois a été déterminant dans la première mi-temps immaculée des Français. Plus dans la gestion et donc moins en vue en deuxième période.

Blaise Matuidi (6,5) : Après un début d’Euro timide, voire insipide, le Parisien monte en puissance. Sur la lancée de sa deuxième mi-temps contre l’Irlande, «Marathon Man» a encore beaucoup couru face à l’Islande. Il a aussi été décisif avec une ouverture millimétrée pour Giroud sur le premier but (12e).

Moussa Sissoko (6) : Le seul joueur à vocation offensive à ne pas avoir été décisif. Pour autant, le milieu de Newcastle a été précieux. Que ce soit dans son couloir droit ou dans l’axe pour prêter main-forte à Matuidi et Pogba. Une entame de match énergique, symbolisée par une belle combinaison avec Payet (6e), suivi d’un centre fort devant le but pour Griezmann (7e). A un peu disparu de la circulation au retour des vestiaires. Mais encore une fois, sa puissance et sa polyvalence sont des atouts de choix pour Deschamps.

Antoine Griezmann (8) : Quand il est comme ça, totalement libre de ses mouvements, il est intenable. Dans ce rôle d’électron libre s’amusant à se glisser entre les lignes, «Grizou» est «on fire». Une passe décisive sur corner pour la tête de Pogba (19e). Une autre pour Payet (43e). Avant un amour de ballon piqué pour surprendre Halldorsson (45e) et inscrire son 4e but de la compétition. Le Mâconnais est désormais le meilleur buteur de l’Euro. Difficile de l’imaginer aujourd’hui ailleurs que dans l’axe.

Dimitri Payet (7,5) : Il ne survole plus les débats comme en début de tournoi, mais le Réunionnais demeure d’une redoutable efficacité. Un but (43e), son troisième de la compétition. Et une nouvelle passe décisive pour Giroud (59e). Que demande le peuple ? Remplacé par Kingsley Coman (80e).

Olivier Giroud (8,5) : Muet depuis son but contre la Roumanie lors du match d’ouverture, l’attaquant d’Arsenal a retrouvé le chemin des filets. Et plutôt deux fois qu’une ! Débloque la situation d’un joli tir croisé (12e). Avant d’inscrire le 5e but de la tête (59e). Egalement impliqué sur les buts de Payet (43e) et Griezmann (45e) grâce à de subtiles déviations. Remplacé par André-Pierre Gignac sous l’ovation (méritée) du Stade de France (60e).

Triple attentat suicide à l'aéroport d'Istanbul

Triple attentat suicide à l’aéroport d’Istanbul

Le terrorisme a de nouveau frappé Istanbul, et cette fois-ci en son cœur économique et touristique. Il est aux environs de 22 heures, ce mardi soir, quand deux explosions, accompagnées de coups de feu, retentissent au niveau des départs à l’aéroport d’Atatürk. Aussitôt, les réseaux sociaux s’empressent de relayer les images de l’horreur: morceaux de plafond pulvérisés au sol, passagers paniqués, défilé d’ambulances sur le parking où, habituellement, s’alignent les taxis jaunes, réquisitionnés dans l’urgence pour évacuer les blessés. Très vite, ce que tout le monde redoutait est officiellement confirmé: il s’agit bien d’un attentat suicide. Selon une source officielle, «deux suspects se sont fait exploser à l’entrée du terminal international, avant de passer aux rayons X de la sécurité placée à l’entrée de l’aéroport». Toujours d’après cette même source, les kamikazes auraient fait détoner leurs explosifs après que des policiers les ayant repérés eurent tiré des coups de feu pour tenter de les «neutraliser». Certains témoins évoquent, pour leur part, des tirs de grenades. D’autres, des tirs de kalachnikovs.

Des scènes de panique

Les images qui ont défilé toute la soirée sur CNN Türk donnent un aperçu de la panique ambiante. On y voit de nombreux policiers en gilets pare-balles déployés devant l’aéroport, dans un concert de sirènes stridentes. À la hâte, ils établissent un périmètre de sécurité, tandis que les équipes médicales se relaient. D’après un premier bilan qui risque d’augmenter, le premier ministre Binali Yildirim évoque 36 morts. Le ministre de la Justice, Bekir Bozdag a, lui, brièvement expliqué qu’«un terroriste a commencé à tirer avec une kalachnikov, puis s’est fait exploser». La chaîne Haber Türk évoque 150 blessés, dont un petit nombre dans un état grave, acheminés dans les hôpitaux des environs. Sur Twitter, une vidéo amateur montre des dizaines de passagers plaqués au sol, le visage blême, à l’intérieur du terminal, tandis que des tirs retentissent au loin. Un voyageur cité sur Facebook décrit, quant à lui, de nombreuses personnes paniquées en train de courir dans le sens opposé des coups de feu. Certains d’entre eux se sont retranchés dans les boutiques de l’aérogare. Peu après l’explosion, Turkish Airlines a indiqué que les vols en partance de l’aéroport étaient temporairement suspendus. Certains vols ont été déroutés sur l’autre aéroport de la ville, Sabiha Gokcen, situé sur la rive asiatique. Plus tard dans la nuit, le trafic aérien a peu à peu repris normalement.

Contacté sur place, un passager raconte être sur le point d’être transféré dans un hôtel de la ville pour y passer la nuit. Tentant de se rassurer, il dit que «le pire a été évité». Réputé pour sa sécurité renforcée, l’aéroport d’Atatürk, situé sur la partie européenne de la ville d’Istanbul, possède en effet deux dispositifs de contrôle: le premier, dès l’entrée (où les terroristes se sont fait exploser) ; le deuxième, après la zone de contrôle des passeports. «S’ils avaient réussi à pénétrer dans le terminal, cela aurait été un vrai carnage», dit-il.

Depuis un an, la Turquie est embarquée dans une spirale infernale d’attentats, tantôt imputés à l’organisation de l’État islamique, tantôt aux rebelles kurdes du PKK, qui sont en guerre contre l’armée dans le sud-est du pays. Pour l’heure, aucune revendication n’a été prononcée. Interrogé par CNN Türk, Abdullah Agar, un spécialiste des questions sécuritaires dit privilégier la thèse d’un attentat djihadiste. «Cela ressemble beaucoup à leurs méthodes», avance-t-il en référence aux récentes attaques survenues à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles.

En janvier 2016, la ville d’Istanbul avait été endeuillée en son cœur historique, quand un kamikaze avait fait détoner sa ceinture d’explosif dans le quartier historique de Sultanahmet. En mars, c’est la fameuse avenue Istiklal, l’artère la plus fréquentée de la ville qui, à son tour, avait été rattrapée par le terrorisme. Non revendiqués, ces deux attentats portent néanmoins, selon les autorités turques, l’empreinte de Daech. En décembre, l’autre aéroport d’Istanbul, Sabiha Gokcen, avait également été touché par un attentat qui avait fait un mort, un employé. En visant cette fois-ci l’aéroport d’Atatürk, les kamikazes ont frappé fort: ils s’attaquent à un des lieux de transit international les plus prisés au monde. Istanbul est en effet un des «hubs» très connus des voyageurs étrangers. Coïncidence du calendrier, cet attentat survient au lendemain d’une série de gestes d’ouverture d’Ankara en direction d’Israël et de la Russie, avec qui la Turquie entretenait des relations diplomatiques houleuses.

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Cameron : le «non» à l’UE marque un départ sans retour

Déception, regrets et prudence pour l’avenir. David Cameron, battu par un «non» retentissant au référendum du 23 juin, a voulu tirer son chapeau avec élégance. Mais la sanction politique de la nuit est sans appel. «Le Royaume Uni va quitter l’Union européenne» assure le premier ministre en sursis. Et son dernier sommet européen fait déjà ressortir les écueils qui guettent une relation nouvelle avec le continent.

Malgré l’impatience de ses partenaires et de François Hollande en particulier, David Cameron n’entend pas se laisser dicter un calendrier. Il renvoie à son successeur - le champion du Brexit Boris Johnson peut-être – le soin d’activer effectivement la «clause de retrait» prévue par les traités européens. «Nous avons besoin d’un peu de temps», insiste-t-il. La désignation d’un nouveau locataire au 10, Downing Street n’est pas attendue avant le 9 septembre. Jean-Claude Juncker rétorque: «Nous ne disposons pas de plusieurs mois pour méditer».

Principe intangible

Outre cette question de calendrier en suspens, un autre bras de fer s’annonce, menaçant pour l’avenir: les migrations intra-européennes. Un repoussoir agité avec virulence par les partisans du Brexit durant la campagne. Mais aussi un principe intangible «de libre circulation des personnes», gravé dans le marbre des traités européens.

Après la rupture, le Royaume Uni souhaite garder un ticket d’entrée sur un marché continental de 450 millions de consommateurs. L’UE n’entend pas le prolonger, si Londres interdit ou restreint l’arrivée sur son sol de travailleurs polonais, espagnols ou français.

La question a visiblement agité les trois heures d’un sommet à 28 plutôt bref.D’après le Financial Times, David Cameron reporterait la responsabilité de son échec sur les épaules de l’UE, à ses yeux incapable de contrôler l’immigration européenne à destination du Royaume Uni. Devant la presse, à l’issue du sommet, le chef tory n’a pas été jusque-là. Mais il explique que la question de la libre-circulation des Européens risque de rendre plus délicate la conclusion de grands accords commerciaux entre l’île et le continent. «Ce sera un problème clé pour nous, ce sera aussi un problème clé pour l’UE», prévient-il.

La réponse n’a pas attendu, presque unanime: le Royaume Uni perdra le marché unique de l’UE s’il ne joue pas la règle du jeu. «Pour pouvoir accéder au marché européen, il faut respecter les quatre libertés de circulation, des biens, des capitaux, des services et aussi des personnes», insiste François Hollande. Un peu plus tôt, Angela Merkel avait mis Londres en garde contre l’illusion d’une Europe à la carte: «celui qui abandonne la famille ne peut espérer échapper aux responsabilités et conserver en même temps les avantages».

Pour Donald Tusk, président (polonais) du Conseil européen, «la réponse est tout simplement non». Mais c’est Jean-Claude Juncker, patron de la Commission qui a rejeté l’excuse politique prêtée au perdant du référendum: «Si jour après jour, on rejette toute la faute sur Bruxelles, il ne faut pas être surpris du résultat» dans les urnes. Il élargit l’avertissement: «Cela ne vaut pas seulement pour le Royaume Uni. C’est à vrai dire une observation générale». Des oreilles ont dû siffler à Paris, Rome ou Berlin…

Entre Londres et les capitales du continent, ce n’est plus la date de la rupture qui fait problème, mais les plans d’avenir. Pour les Européens, soucieux de tourner une page noire au plus vite, il n’est encore question que des clauses légales du divorce. Pour les Britanniques, saisis trop tard par le doute et par la peur du vide, il faut d’abord parler de ce qui viendra après, des liens à venir, de ce qui doit survivre à la séparation.

Le Brexit n’est pas encore prononcé que les premiers effets se font aussi sentir, au cœur d’une City chère aux Britanniques. La BaFin, autorité financière allemande juge «difficilement imaginable» que la holding née de la méga-fusion entre les opérateurs boursiers londonien LSE et allemand Deutsche Börse puisse avoir son siège à Londres. Bruxelles annonce que l’Autorité Bancaire Européenne (EBA), agence de l’UE, sera sans doute rapatriée de la capitale britannique vers Francfort ou Paris. Sur la Tamise, la facture du divorce commence à s’alourdir.

La «notification» attendue de Londres à la fin de l’été ou au début de l’automne déclencherait un compte-à-rebours de deux ans avant la séparation finale, elle-même sanctionnée par un vote des 27 États membres subsistant, à la majorité qualifiée. Si le processus est mené à son terme, le Royaume Uni redeviendra en 2019 un «pays tiers», comme avant son adhésion en 1973. L’article 50 du traité de Rome ne dit ni n’interdit rien de ce qui se passerait si les Britanniques ou leur gouvernement changeaient d’avis dans les deux ans. Le feuilleton du Brexit ne fait que commencer…

 

LE FAIT DU JOUR. En plus des têtes d'affiche, ils sont une vingtaine d'anonymes à avoir annoncé leur candidature pour 2017. Combat d'idées ou plutôt affaire d'ego ?

Présidentielle 2017 : pourquoi tant de candidats ?

François Vigne, vous connaissez ? Non ? Il est pourtant candidat à l’élection présidentielle de 2017. Cet « entrepreneur de 46 ans et père de quatre enfants », comme il se décrit lui-même dans sa déclaration officielle, vient de dépenser quelques milliers d’euros pour publier un communiqué via une agence de com. Au fait, pourquoi lui ? « Parce que le monde change profondément et que la France doit se réinventer sous la conduite d’une nouvelle génération de responsables », assure avec aplomb cet ex-adhérent de l’UMP qui ne voit « franchement personne d’autre pour faire le job ». Comme François Vigne, ils sont déjà une grosse vingtaine d’anonymes à s’être lancés le plus sérieusement du monde dans la course. Surgis de nulle part, sans le moindre soutien des partis, mus par la seule conviction que président, après tout, ils le valent bien.

Dans ce bestiaire politique inédit, on trouve pêle-mêle un général à la retraite (Didier Dauzin), un ex-candidat du jeu télévisé « Pékin Express » (Jean-Pierre Mélia), un fleuriste parisien (Stéphane Guyot), un avocat et essayiste prêt à se lancer dans la primaire de droite (Michel Guénaire), ou encore un bonapartiste (David Saforcada). Et la liste des impétrants va encore s’allonger, pour composer le tube de l’été : « L’Elysée, et moi et moi et moi ! » Certes, il y a toujours eu depuis les débuts de la Ve République des esprits aventureux n’hésitant pas à se présenter à ce rendez-vous majeur « entre un homme et un peuple », comme disait Charles de Gaulle. « La présidentielle rend fou », dit-on souvent de notre système. Mais plusieurs raisons expliquent cette inflation jamais vue.

D’abord, la généralisation des primaires suscite mécaniquement une multitude de candidatures pour être celui qui rassemblera son camp. Déjà 12 pour celle de la droite en novembre, sans compter Nicolas Sarkozy voire Michèle Alliot-Marie qui ne devraient plus tarder à se déclarer !

Vous avez dit primaire ? Voilà celle du PS et de ses amis tout juste sortie du chapeau de Jean-Christophe Cambadélis. La sénatrice Marie-Noëlle Lienneman ou l’ex-inspecteur du travail Gérard Filoche se sont déjà lancés, en attendant d’autres prétendants. Avec, pour Filoche, une profession de foi canon : « Même une chèvre gagnerait contre Hollande ! » Et comme si ça ne suffisait pas, d’autres rendez-vous, d’inspiration citoyenne ceux-là, sont sur les rails. Notamment la Primaire des Français portée par l’écrivain Alexandre Jardin.

 «Le signe d’un abaissement de la fonction présidentielle»

Cette multiplication des vocations s’explique en outre par le prestige écorné de la fonction, qui semble autoriser toutes les ambitions, y compris les plus insolites. « Depuis de Gaulle, le standing a indéniablement baissé », déplore un ancien ministre de Chirac. Un refrain qui revient avec insistance depuis les deux dernières présidences, où le moindre geste, public comme privé, est vu, commenté et critiqué ad nauseam. Les Français ne s’y trompent pas : « 68 % d’entre eux estiment ainsi que ce grand nombre de candidatures est le signe d’un abaissement de la fonction présidentielle et du respect qu’elle inspire », constate Gaël Sli-man, directeur de l’institut de sondages Odoxa qui a réalisé une enquête pour « le Parisien » -« Aujourd’hui en France » (lire encadré ci-dessous).

Enfin, dans ce manège élyséen lancé à plein régime, il faut aussi compter avec la part d’ego et de culot toujours croissante du personnel politique. « Un passage à BFM ou i>télé, quelques tweets ou une matinale, et ils se croient autorisés à briguer le fauteuil suprême… avant même d’avoir été élu conseiller au niveau local », ironise un ex-Premier ministre qui regarde, mi-amusé mi-éberlué, ce bal des prétendants, dont certaines ex-gloires en quête de spotlights (Yade, Morano, Guaino…). Certes, nombre de ces candidats d’un jour risquent d’être vite oubliés. Eliminés par le verrou des 500 parrainages et vite remplacés par la « vraie » bataille, celle qui se jouera entre les cadors. Encore que… quelques-uns mènent campagne comme des pros, à l’image d’un François Vigne qui assure détenir 261 parrainages.

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Sondage : les Français jugent la démarche égoïste

Pour la grande majorité des Français (82 %) interrogés* aucun doute : toutes ces personnalités, parfois peu connues, qui ont annoncé leur intention de se présenter à la présidentielle « le font par pure démarche égoïste et pas du tout parce qu’elles auraient un projet pour la France », analyse Gaël Sliman, directeur de l’institut Odoxa. Dans le détail, 47 % pensent que ces candidats « veulent juste faire parler d’eux et exister dans les médias », et 35 % estiment qu’ils cherchent ainsi « à peser politiquement dans leur camp pour avoir des responsabilités dans un futur gouvernement ». Seuls 8 % des sondés croient que ces candidats ont un « projet pour la France ».

* Sondage Odoxa pour « le Parisien » – «Aujourd’hui en France » réalisé les 26 et 27 mai auprès d’un échantillon de 1018 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO : « Interdire une manifestation parce qu’il peut y avoir des risques à côté de la manifestation ? Que les forces de l’ordre aient les bonnes consignes ! Et nos services d’ordre feront leur travail. » (LP/Ph. Lavieille.)

Loi Travail : «Valls est un pyromane», accuse Mailly

Au Premier ministre qui appelle les syndicats à annuler les défilés de cette semaine, Jean-Claude Mailly, le patron de FO, répond «pas question».

«Les organisateurs devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements. » Manuel Valls, dans un entretien au « Journal du dimanche » hier, a appelé la CGT, FO et les cinq autres syndicats anti-loi Travail à renoncer aux deux journées de mobilisation prévues les 23 et 28 juin. Selon nos informations, ces derniers ont pourtant fait leurs demandes. Celle pour Paris est déjà sur le bureau du préfet et prévoit un défilé allant de Bastille à Nation. Comme Philippe Martinez, son homologue de la CGT, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, adresse une fin de non-recevoir au Premier ministre : « Si Manuel Valls ne veut plus de manifestations, qu’il se montre ouvert. »

Manuel Valls appelle les syndicats au « bon sens » et leur demande d’annuler les rassemblements prévus cette semaine. Que répond FO ?

JEAN-CLAUDE MAILLY. Nous maintenons les appels aux rassemblements et manifestations prévus les 23 et 28 juin. Je retourne l’argument au Premier ministre : le bon sens aujourd’hui, c’est qu’il examine clairement les propositions déposées sur la table, notamment par FO. Voilà ce qui, selon moi, permettrait une sortie par le haut et sonnerait l’arrêt des mobilisations.

Que ferez-vous si la préfecture décide d’interdire les défilés prévus, à Paris notamment ?

Pour le moment, ce n’est pas le cas. Nos unions régionales sur Paris sont en contact, comme d’habitude, avec la préfecture. Nous n’avons aucune information allant dans le sens d’une interdiction.

L’exécutif met en avant les risques de violences et les défaillances des services d’ordre lors du défilé du 14 juin…

L’exécutif mélange deux choses. Nous sommes responsables en tant qu’organisations syndicales, avec nos services d’ordre, du cortège en tant que tel. Cela veut dire de la tête à la fin du cortège, clairement délimité et encadré par nos services d’ordre. Tout ce qui est en dehors de la manifestation relève des forces de l’ordre. Je n’incrimine pas les policiers, dont le travail n’est pas facile. Mais nous ne sommes pas responsables des problèmes qui ont eu lieu devant le carré de tête, notamment lors de la manifestation du 14 juin. Quand des jeunes facilement repérables parce qu’ils ont des casques, des gants, un sac à dos, veulent entrer dans le cortège, on les en empêche. Ce qu’ils font alors, c’est qu’ils remontent le cortège et se mettent devant.

Que disent vos syndiqués FO dans la police ?

Nous savons bien, y compris par des témoignages, que les forces de l’ordre n’ont pas toujours des consignes très claires. Parfois, elles pensent qu’elles pourraient intervenir mais elles n’ont pas les consignes pour le faire !

Le 14 juin, les images ont montré un nombre impressionnant de casseurs…

Si nous, nous les repérons, nous ne sommes pas les seuls ! Ceux qui étaient repérables, pourquoi ont-ils pu continuer à agir ? Voilà la question qui mérite d’être posée. Cela nous discrédite d’ailleurs car le lendemain on parle plus des casseurs que de la loi Travail. Nous n’avons pas attendu Manuel Valls pour condamner les violences, y compris quand il y en a chez certains manifestants. De la même manière qu’il peut y avoir des bavures dans la police, il peut aussi y en avoir dans nos rangs et nous les condamnons. Notre rôle est de rappeler qu’on manifeste dans le calme.

Pourquoi l’exécutif accuse-t-il la CGT de tous les maux et pas FO ?

Peut-être cherche-t-il une tête de Turc. C’est une question qu’il faut poser à Matignon et à l’Elysée. Moi je ne suis pas dans un combat de coqs avec les uns et les autres.

Une interdiction de manifester entraînerait-elle un casus belli avec le gouvernement ?

Ce serait assez incroyable que des manifestations à l’appel de confédérations syndicales soient interdites. Cela poserait un sacré problème de démocratie. C’est un droit fondamental que le droit de faire grève. Interdire une manifestation parce qu’il peut y avoir des risques à côté de la manifestation ? Que les forces de l’ordre aient les bonnes consignes ! Et nos services d’ordre feront leur travail. Le mieux, si Manuel Valls ne veut plus de manifestations, c’est qu’il se montre ouvert. A chaque fois que le Premier ministre intervient, prend la parole dans les médias, il se comporte en pyromane au lieu d’apaiser la situation. Cela peut conduire certains à être énervés.

Espérez-vous une intervention de l’Elysée ?

Il faut les bons capteurs pour bien comprendre ce qui se passe dans le pays. Or je crains qu’ils soient déficients. Ils sont dans une tour d’ivoire. Comme Matignon, l’Elysée est un endroit qui isole. Il y a deux possibilités. La première, une discussion réelle s’engage, le texte bouge à l’Assemblée et sera suivi d’un vote. L’autre option, ce que répète le Premier ministre : on ne touche à rien et un nouveau recours au 49-3 s’impose à l’Assemblée. Si c’est ce scénario qui l’emporte, il va y avoir de l’amertume chez les salariés. A la rentrée, lors des déplacements de ministres, lorsque la campagne électorale démarrera, les gens réagiront, j’en suis persuadé. Et les manifestations continueront. Ceux qui pensent le contraire se trompent.

FOCUS - Des militaires tués par Mohammed Merah à l'attaque d'un commissariat en juin 2016, en passant par de nombreux attentats déjoués, les forces de l'ordre ont été la cible en France de multiples attaques. Sept d'entre eux ont perdu la vie depuis 2012.

Les militaires et les policiers, cibles privilégiées des attaques islamistes

Les policiers et militaires constituent des cibles privilégiées pour des actions islamistes en France, dans un contexte de menace terroriste très élevée. Depuis l’affaire Merah en 2012, sept d’entre eux ont perdu la vie sous les coups de terroristes.

• 11 et 15 mars 2012: trois militaires tués par Merah

Mohammed Merah assassine au nom du djihad trois militaires le 11 mars 2012 à Toulouse (sud-ouest) puis à Montauban (sud-ouest) le 15, avant d’attaquer une école juive le 19 mars, tuant trois enfants et un enseignant. Il est tué le 22 mars par les policiers du Raid.

• 6 octobre 2012: un projet d’attentat déjoué

Un coup de filet permet de démanteler la «cellule islamiste de Cannes-Torcy», dont certains membres, revenus de Syrie, auraient eu des projets d’attentat visant des militaires à Torcy, près de Paris, et sur la Côte d’Azur. L’un de ses membres confirme le projet de poser une bombe «chez des militaires ou des sionistes».

• 25 mai 2013: un militaire agressé à La Défense

Un militaire en faction est agressé à coups de cutter à La Défense, près de Paris, par Alexandre Dhaussy, 22 ans, converti à l’islam. Arrêté quelques jours plus tard, il reconnaît avoir agi au nom de son idéologie religieuse. Mais il a été ensuite déclaré irresponsable par la justice en raison de troubles psychiatriques.

• 20 décembre 2014: agression à Joué-lès-Tours

Un homme d’une vingtaine d’années agresse des policiers avec un couteau en criant «Allah Akbar», au commissariat de Joué-lès-Tours (centre), avant d’être tué.

• 7 et 8 janvier 2015: Clarissa Jean-Philippe et Amhed Merabet

Amédy Coulibaly, repris de justice et islamiste, tue une policière municipale à Montrouge, près de Paris, avant de prendre en otages le lendemain les clients et employés d’un supermarché casher de Paris, tuant quatre d’entre eux, tous juifs. Il est abattu quelques heures après par la police simultanément avec les frères Chérif et Saïd Kouachi, auteurs de la tuerie du 7 janvier au siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris, où ils avaient tué le policier Ahmed Merabet.

• 3 février 2015: agression au couteau devant une synagogue de Nice

A Nice (sud-est), trois militaires en faction devant un centre communautaire juif sont agressés au couteau. Moussa Coulibaly, originaire de Mantes-la-Jolie, près de Paris, est arrêté. Il exprime en garde à vue sa haine de la France, de la police, des militaires et des juifs.

• Fin octobre 2015: projet d’attaque de la base navale de Toulon

Hakim Marnissi, 25 ans, est arrêté à Toulon (sud) et reconnaît en garde à vue avoir été en contact avec un djihadiste français en Syrie et avoir projeté d’attaquer des militaires de la base navale de sa ville. Surveillé depuis sa radicalisation, il avait reçu un couteau de combat et deux cagoules par colis postal.

• 10 novembre 2015: autre projet d’attaque contre la base navale de Toulon

Annonce de l’arrestation le 29 octobre d’un homme de 25 ans, mis en examen le 2 novembre pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Surveillé depuis un an, il avait cherché à se procurer du matériel pour un projet d’attaque contre des militaires de la marine nationale à Toulon.

• 7 janvier 2016: attaque d’un commissariat du XVIIIème arrondissement

Un an jour pour jour après l’attentat contre Charlie Hebdo, un homme reconnu par ses proches comme un Tunisien nommé Tarek Belgacem, tente d’attaquer un commissariat parisien en brandissant un hachoir de boucher et muni d’un dispositif explosif qui se révélera factice. Il est abattu par les policiers. Une revendication jihadiste incluant une profession de foi en faveur de l’organisation État islamique est retrouvée sur lui.

• 13 juin 2016: double meurtre à Magnanville

Un policier est tué de plusieurs coups de couteau en soirée devant chez lui à Magnanville, près de Paris. L’assaillant se retranche dans la maison avant d’être abattu par le Raid, qui découvrira le corps de la compagne du policier et le fils du couple, âge de trois ans, sain et sauf. L’homme s’était réclamé de l’EI et une agence proche de l’organisation jihadiste l’a décrit comme «un combattant de l’EI».

La place Beauvau a pris des dizaines d'arrêtés d'interdiction de manifester à Paris et en province, mobilisant 20 forces mobiles dans la capitale. La CGT prédit un mouvement dépassant le million de manifestants en France.

Loi travail : Cazeneuve veut stopper les casseurs par une vague d’interdictions de manifester

Une «mesure assez inhabituelle, assez massive». C’est en ces termes que le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a justifié sa décision de prendre des arrêtés d’interdiction de manifester le 14 juin pour quelque «130 personnes». Elles auraient toutes déjà été interpellées lors de précédents défilés contre le projet de loi travail et ne devraient pas, en principe, participer au défilé ce mardi, dans la capitale.

Dans le contexte d’extrême tension, de Marseille à Nice, en passant par les grèves et blocages à répétition dans tout le pays, le ministère de l’Intérieur espère que ces arrêtés auront plus de succès que les précédentes décisions de préfecture de police de Paris. Celle-ci, en effet, avait vu le 17 mai dernier, à la veille d’une manifestation contre la loi El Khomri, 9 de ses 10 précédents arrêtés, pris en vertu de la loi sur l’état d’urgence, retoqués par le juge administratif.

«Il n’est pas exclu qu’il y ait des casseurs qui commettent des exactions», justifie à nouveau le préfet de police. Mais cette fois, ses services pensent avoir soigné la rédaction des nouveaux arrêtés. Ils visent, assure le préfet Cadot, «des personnes qui constituent un risque de menace et un risque de violences» et qui ont «fait l’objet soit d’un jugement», soit «d’une comparution judiciaire dans l’attente d’un jugement à venir» pour des dégradations ou des violences lors de précédentes manifestations.

La police envisage 50.000 manifestants à Paris

L’interdiction est valable pour l’après-midi de mardi sur le parcours et aux abords de la manifestation entre la place d’Italie et les Invalides. «Ces mesures ont été prises dans l’application stricte de la jurisprudence du tribunal administratif de Paris», a plaidé avec insistance le préfet. Mais des associations de défense de personnes frappées d’interdiction assurent que des mesures signifiées sont valables jusqu’à 7 heures du matin le 15 juin. Ces associations enjoignaient depuis le 11 juin les destinataires des arrêtés à ne rien signer si la police ne leur donnait pas une copie de leur arrêté nominatif.

À Paris, ce mardi, le parcours de 5,5 km sera plus long que lors des précédentes journées de mobilisation. Le préfet de police dit attendre «plusieurs dizaines de milliers de manifestants, peut-être au-delà de 50.000». La plus importante manifestation contre la loi travail à Paris avait rassemblé, selon sa Direction du renseignement (les fameux RG), 26.000 à 28.000 personnes le 31 mars dernier.

450 cars prévus par la CGT

Ce mardi 14 juin «sera une journée de forte mobilisation», a donc estimé Michel Cadot. Il a appelé «à la responsabilité des organisations syndicales et des manifestants». Déjà, les grandes centrales ont promis un service d’ordre interne pour canaliser les débordements. Car Philippe Martinez, le patron de la CGT, annonce 450 cars (soit plus de 25.000 personnes par ce seul moyen de locomotion, à raison de 60 passagers par car en moyenne), sans parler des manifestants qui viendront à pied ou en voiture.

Un commissaire de police parisien met en garde: «C’est surtout en périphérie des défilés qu’il faut s’attendre à des incidents». À Paris, pas moins de 15 compagnies de CRS seront mobilisées, soit un millier d’hommes. Auxquels il faut ajouter au moins 5 escadrons de gendarmerie mobile, soit 500 hommes. Sans compter les effectifs des Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) et de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP).

Trop peu d’interpellations jusqu’à présent

Leur mission: des contrôles préventifs et des fouilles, pour détecter les éventuels porteurs d’armes ou de projectiles, mais aussi des arrestations, au besoin, tant il est vrai que le manque d’interpellation en cas d’échauffourées est régulièrement reproché aux autorités.

Par mesure de précaution, les voitures stationnées seront enlevées sur le parcours, de la place d’Italie au boulevard des Invalides, en passant par les boulevards des Gobelin et de Port-Royal. Ailleurs en France, les défilés seront nombreux et denses également, à raison de 2.000 à 6.000 manifestants, selon les capitales régionales. Des arrêtés d’interdiction de manifester ont également été édictés par dizaines en province.

Philippe Martinez pronostique 1,2 million de manifestants dans tout le pays, comme le 31 mars dernier, selon lui. Mais voilà: ses chiffres sont toujours deux à trois fois supérieurs aux comptages de la place Beauvau, nettement plus proches de la réalité. À Paris, l’écart est même encore plus important (100.000, selon la CGT, contre guère plus de 20.000, selon la police). Secrètement, au ministère de l’Intérieur, on se prend à espérer que le mouvement contre la loi El Khomri va finir par s’essouffler. C’est le pari de l’exécutif depuis le début. Un calcul à hauts risques.

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Réchauffement: même à “2°, de grandes villes menacées par la montée des eaux

AFP/AFP/Archives – Une cheminée d’usine, le 25 septembre 2015 à Shijiazhuang, dans la province du Hebei, en Chine

Shanghai, Bombay, ou Hong Kong: sous l’effet du dérèglement climatique, de grandes villes sont vouées, à long terme, à partiellement disparaître sous les eaux, même si le monde parvient à limiter le réchauffement planétaire à 2°C, soulignent des chercheurs américains dans un rapport publié dimanche.

A ” 2°C, le niveau des mers continuera à s’élever, pour couvrir des territoires aujourd’hui peuplés de 280 millions de personnes, pointe l’étude de l’institut de recherche Climate Central, publiée à trois semaines de la conférence sur le climat de Paris. Mais à “4°C, le phénomène concernerait plus de 600 millions d’habitants.

“Un réchauffement de “2°C représente une menace pour l’existence à long terme de nombreuses grandes villes et régions côtières”, souligne Ben Strauss, un des auteurs.

Mais les mesures prises pour réduire rapidement et drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, qui dérèglent le climat et persistent dans l’atmosphère, feront malgré tout une différence: “nous avons encore devant nous un vaste éventail de choix”, ajoute le chercheur.

Deux cents ans (ce qui est peu probable) ou 2000, il est difficile d’estimer la vitesse à laquelle la mer va monter, souligne l’étude.

En tout cas, si les émissions continuent sur leur lancée, entraînant un réchauffement de “4°C, le niveau des océans gagnera 8,9 m (chiffre médian), avance le rapport.

Avec un réchauffement à “3°C, qui est la trajectoire tracée par les promesses actuelles des Etats pour freiner les émissions, les mers monteraient de 6,4 m, couvrant des zones de plus de 400 millions d’habitants aujourd’hui.

A “2°C, la mer gagne 4,7 m (3 à 6,3 m), et on passe à environ deux fois moins de personnes affectées. A “1,5°C maximum, objectif réclamé par les pays les plus vulnérables comme les petits Etats insulaires, l’élévation reste à 2,9 m et encore moitié moins de population concernée (137 millions).

- L’Asie en première ligne -

En terme de population, la Chine serait en première ligne: à “4°C, la montée des eaux concernerait un territoire aujourd’hui peuplé de 145 millions de personnes, un chiffre divisé par deux à “2°C, selon cette étude, qui ne tient compte ni de l’évolution démographique ni de la construction d’infrastructures comme des digues.

Parmi les autres pays particulièrement affectés: IndeBangladesh, Vietnam, Indonésie, Japon, Etats-Unis, Philippines, Egypte, Brésil, Thaïlande, Birmanie, Pays-Bas… Parmi les villes principales, Hong Kong, Calcutta, Dacca, Jakarta, Shanghai, Bombay, Hanoi, Rio, Buenos Aires, New York ou Tokyo.

Un lien sur le site de Climate Central permet de visualiser les impacts, par grande ville côtière.

Un premier diagnostic sur les Etats-Unis, paru en octobre dans les Comptes-rendus de la revue Académie américaine des sciences, promettait l’engloutissement de Miami et la Nouvelle-Orléans.

Les projections prennent en compte la dilatation de l’océan quand il se réchauffe, la fonte des glaciers mais aussi la dégradation des calottes du Groenland et de l’Antarctique, irréversible au-delà d’un certain seuil.

D’une région à l’autre, cette élévation ne sera pas égale: “Dans la plupart des cas, elle peut se traduire en centimètres par siècle, mais les deltas et les zones urbaines” sont plus vulnérables, notamment parce qu’ils sont moins protégés par les sédiments.

L’étude se base notamment sur des données satellitaires sur les niveaux océaniques.

Plusieurs chercheurs contactés par l’AFP ont souligné sa validité.

“Il y a quelques erreurs par endroits, mais c’est le mieux qu’on puisse faire avec les données disponibles publiquement”, estime Steven Nerem, de l’université du Colorado, qui a analysé la méthodologie de l’étude.

Jean-Pascal van Ypersele, du groupe international d’experts sur le climat (GIEC), évoque pour l’AFP “une étude solide”.

Pour l’océanographe Ben Marzeion de l’université de Brême (Allemagne), l’étude montre que “le report de mesures peut faire peser un incroyable fardeau sur de très nombreuses générations à venir”.

Depuis la Révolution industrielle, le monde a gagné 0,8°, un rythme inédit généré par les gaz issus pour l’essentiel des énergies fossiles. La communauté internationale s’est fixé l’objectif de rester sous les +2°C au total, et doit se retrouver le 30 novembre à Paris pour tenter de sceller un pacte universel permettant d’y arriver.

Ben Strauss, co-auteur de l’étude, veut croire qu’il sera “possible de changer, l’économie comme la politique”: “Certaines réunions historiques ont dessiné des frontières territoriales. La COP de Paris affectera la frontière globale entre terre et mer”

Hollande a rencontré Fidel Castro à Cuba

Le secret a été conservé jusqu’à la dernière seconde tant l’Élysée a craint que la rencontre historique soit annulée. François Hollande a été reçu par Fidel Castro dès 15 heures, heure de Cuba, soit 21 heures, heure française. Le Líder Máximo, bien que diminué et affaibli par la maladie, a accepté de recevoir dans sa résidence à La Havane le chef de l’État français, a annoncé dans la soirée l’Élysée dans un communiqué. La visite à huis-clos et sans caméra s’est terminée environ une heure plus tard. François Hollande était accompagné de deux conseillers diplomatiques et de Jean-Pierre Bel, ancien président du Sénat, marié en seconde noces à Iriadne Pla Godinez, mannequin originaire de Cuba.

“Je voulais avoir ce moment d’histoire. C’est l’histoire de Cuba et c’est l’histoire du monde. J’avais devant moi un homme qui a fait l’histoire. Venant à Cuba, je voulais rencontrer Fidel Castro”, a assuré François Hollande à la communauté française.

Hollande grille la politesse à Obama

Une double consécration pour François Hollande. C’est la première fois depuis l’indépendance de l’île en 1898 qu’un chef d’État français s’y rend. Et il est également le premier chef d’État à rencontrer l’ancien homme fort du pays, âgé aujourd’hui de 88 ans, depuis la mort d’Hugo Chavez, son meilleur ami sur le continent.

Le président français grille également la politesse à Barack Obama qui a annoncé le 17 décembre dernier qu’il promettait de rétablir leurs relations diplomatiques et de se lancer dans une coopération économique. L’Élysée assure que la visite a été décidée avant le dégel historique des relations entre Cuba et les États-Unis. La France fera son possible pour contribuer à ce que “l’ouverture puisse être confirmée, que les mesures qui ont tant nui au développement de Cuba puissent être enfin annulées, supprimées”, a déclaré le président en désignant l’embargo américain qui pénalise l’économie de l’île depuis 1962. Une rencontre historique dont François Hollande espère tirer profit sur la scène politique intérieure en redorant son blason auprès de la gauche de sa gauche.

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Burundi: reprise des manifestations contre un 3e mandat du président Nkurunziza

Les manifestations contre un troisième mandat du chef de l’Etat burundais Pierre Nkurunziza ont repris lundi dans la capitale burundaise Bujumbura, après un week-end de trêve, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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François Hollande joue au faucon et à la colombe

Cette attitude a une facture qui se paie cash. Une résistante impopularité qui montre à la fois un désamour froid doublé d’un immense discrédit de sa gouvernance et des ambitions de son mandat. Ce Hollande là, est victime désignée pour la satire politique qui moque allègrement son indécision et croque avec délice les rondeurs de ses formes et de ses actions. 

François Hollande est si “colombe” à l’intérieur que par une sorte de division de travail, à la fois calculée et naturelle, il laissa à son Premier ministre Manuel Valls et à celui de l’intérieur Bernard Cazeneuve le soin d’accélérer sur la riposte sécuritaire pour traiter les dangers du radicalisme, tandis que lui préfère naviguer dans des eaux plus consensuelles, à la limite de l’œcuménisme. Sa prestation à l’institut du Monde arabe et ses messages enjolivés qu’il adressa à ses compatriotes musulmans et au monde arabe en sont la parfaite illustration. 

Le second visage de François Hollande est celui qu’il offre dès qu’il est question de présence à l’international. C’est sous son impulsion que deux guerres françaises sont menées en Afrique. La première lorsqu’il s’agissait d’empêcher des hordes radicales de s’emparer du pouvoir à Bamako. La seconde lors de l’intervention en Centrafrique. Sur la Libye, la France de François Hollande est celle qui fait le diagnostic sécuritaire le plus alarmant et mobilise pour préparer les conditions d’une éventuelle intervention militaire internationale dans ce qui est devenu un grand “Hub” pour les organisations terroristes. 

Cette attitude volontariste, déterminée, s’était déjà illustrée dans la crise syrienne. François Hollande était un des rares chefs d’Etat occidentaux à militer ouvertement pour une intervention militaire contre le régime de Bachar El Assad. Aujourd’hui, alors que la France est frappée par le terrorisme, il ne rate aucune tribune pour regretter la décision des Américains de reculer à la dernière minute. Selon Hollande, le cauchemar terroriste qui pèse sur l’Europe et le monde trouve ses racines, entre autres, dans ce recul et cette indécision. 

Aujourd’hui sa perception de la crise syrienne peut avoir un effet mobilisateur pour les uns mais décourageant pour beaucoup. Il veut expurger la région d’organisations terroristes comme Daesh ou Al Qaida mais aussi débarrasser le monde du régime de Bachar Assad accusé d’avoir gazé sa population et d’avoir créé les conditions qui ont favorisé des organisations terroristes comme l’Etat Islamique. 

Même sur la crise du nucléaire iranien, tandis que Washington montrait une disponibilité à conclure un accord, même imparfait, avec les autorités de Téhéran, c’est la France de François Hollande et de Laurent Fabius qui a mis un coup de frein à ces retrouvailles enthousiastes entre iraniens et américains. 

Sans doute, face à un Barack Obama qui privilégie le dialogue politique à la confrontation armée, face à une Europe paralysée par ses instituions, face à une Chine préoccupée d’avantage par son commerce, François Hollande a voulu incarner le rôle de faucon, chef de guerre, dans cette longue et terrible guerre contre le terrorisme. 

Ironie de l’histoire, c’est cette démarche à l’international qui lui a procuré ses habits de président de la république en “national”. De là à dire qu’il peut réussir à la guerre ce qu’il a raté en économie, il n’y qu’un pas que certains sont prêts à franchir avec une dextérité de circonstances. 

Escarpins sur tapis de prière : une oeuvre retirée d’une exposition en France par crainte d’”incidents”

Intitulée “Silence”, cette installation de l’artiste plasticienne franco-algérienne Zoulikha Bouabdellah, créée en 2007-2008 et déjà exposée à Paris, Berlin, New York ou Madrid, devait être présentée dans le cadre d’une exposition à Clichy-la-Garenne, intitulée “Femina ou la réappropriation des modèles”.

Mais la semaine dernière, les commissaires de l’exposition ont été informés par la mairie de mises en garde émanant de représentants d’une fédération d’habitants de confession musulmane sur “d’éventuels incidents irresponsables non maîtrisables pouvant survenir”, ont indiqué deux commissaires et l’artiste dans un communiqué conjoint.

Zoulikha Bouabdellah s’est dite surprise de “l’incompréhension” suscitée par son oeuvre, qu’elle met “sur le compte de l’émotion liée” aux récents attentats en France perpétrés par trois jihadistes français et qui ont fait 17 morts entre le 7 et le 9 janvier.

Elle a précisé que son intention n’était “ni de choquer, ni de provoquer” mais de susciter “un dialogue” entre “profane et sacré” et sur “la place de la femme”.

“Je m’interroge sur les raisons qui poussent une certaine frange de Français de confession musulmane à voir dans cette installation une oeuvre blasphématoire”, a-t-elle commenté.

L’artiste a décidé de remplacer “Silence” par une installation vidéo intitulée “Dansons”, représentant une danse du ventre avec en fond sonore l’hymne français La Marseillaise.

La Fédération des associations musulmanes de Clichy, qui a évoqué les risques d’incidents, n’était pas joignable dans l’immédiat.

“Soit on rétablit +Silence+ dans cette exposition, soit on l’annule”, a pour sa part déclaré à l’AFP le galeriste Stéphane Magnan, représentant de plusieurs artistes de l’exposition.

Mardi 27 Janvier 2015 – 21:53

 

Hot Girls Wanted: le porno ado

 

Jill Bauer et Ronna Gradus, deux anciennes journaliste... (PHOTO MICHAEL THURSTON, AFP)

Elles ont 18 ou 19 ans et sont prises dans les nasses de l’industrie du porno attirées par les promesses d’argent facile et peut-être de gloire. Un documentaire-choc au Festival de Sundance raconte comment l’immense majorité d’entre elles sont jetées au bout de 6 mois comme un mouchoir de papier.

Dans Hot Girls Wanted (Filles superbes recherchées), Jill Bauer et Ronna Gradus, deux anciennes journaliste et photographe duMiami Herald dépeignent autant les histoires vraies de jeunes filles un peu candides que la réalité de la lessiveuse d’une industrie constamment à la recherche de viande fraîche.

À l’origine, les deux acolytes enquêtaient sur la consommation de porno en ligne par les jeunes hommes sur les campus de Floride ou de Californie.

Mais ce qui les a le plus frappé en allant à leur rencontre, ce sont les jeunes filles, en rang à la sortie des lycées pour tourner une scène diffusée sur un site porno, contre quelques billets.

«On se disait que ce n’était pas possible, parce que si c’était vrai, il y aurait déjà eu des articles là-dessus. On ne pouvait littéralement pas y croire» s’étrangle Ronna Gradus, coréalisatrice.

Scènes crues 

«C’est la loi de la jungle», reprend Jill Bauer, après la diffusion du documentaire au festival qui se tient dans l’Utah. «Tout le monde peut tourner ce genre de film. N’importe qui peut aller sur Craigslist pour recruter une fille. Il suffit de prouver qu’elle a 18 ans», poursuit-elle.

Jill Bauer a déjà réalisé un film sur un sujet similaire à celui qu’elle présente aujourd’hui: Sexy Baby, sorti en 2012, s’inspirait de la vie d’une préadolescente de 12 ans pour brosser le portrait d’une société obnubilée par le sexe.

Les filles dont elle suit les pérégrinations dans son nouveau documentaire, elles, tournent pour un cachet de misère, attirées par des pubs comme «Hot girls wanted» sur Craigslist, qui leur vendent «un ticket vers la liberté, l’aventure et leurs rêves de gloire immédiate».

Le documentaire, qui montre des scènes crues, est rythmé par des chiffres surprenants, comme ceux du nombre de visites sur les sites pornos.

En plein film, des bannières publicitaires «Latina Abuse» («Filles latines agressées»), ou «18 & Abused» («18 ans et agressée») surgissent comme sur un écran d’ordinateur, accompagnée d’un bruit sourd.

«Nouveaux visages»

Jill Bauer et Ronna Gradus espèrent, avec leur documentaire, provoquer un débat dans la société américaine et peut-être des modifications dans la loi, surtout celle du travail, qui devrait selon elles imposer des règles plus strictes aux producteurs.

Les scènes les plus dérangeantes du film sont les passages concernant les vidéos dites extrêmes. Parmi elles, certaines évoquent la pratique du «facial abuse» («agressions faciales», soit les scènes de fellations forcées), que les nouvelles recrues sont incitées à pratiquer, monnayant une prime.

«On ne pouvait même pas regarder, alors on a demandé à notre monteuse de regarder pour nous et de faire les choix», se souvient Jill Bauer, en parlant d’une séquence en particulier, qui a été coupée à l’image, mais dont le son a été conservé.

L’une des rares raisons de se réjouir dans tout cela, dit-elle, est que l’industrie du porno se lasse rapidement de ces filles, généralement avant six mois. Et la réalisatrice a trouvé deux raisons à cela.

«La première, c’est soit que les parents le découvrent, soit qu’elles ont un nouveau petit ami. La seconde, c’est l’affaire de l’industrie: les filles ne doivent pas rester longtemps sur le marché, car les gens demandent de nouveaux visages.»

Une étudiante nordiste élue Miss Prestige national 2015

La Nordiste Margaux Deroy a été élue dimanche soir à Kirrwiller (Bas-Rhin) Miss Prestige national 2015, en présence de Geneviève de Fontenay qui a créé ce concours dissident de l’élection de Miss France.

La jeune fille de 19 ans, qui concourrait sous les couleurs de la Flandre, a été élue parmi 30 candidates, sur la scène du «Royal Palace», music hall à succès implanté en pleine campagne alsacienne.

«C’était un feu d’artifice d’élégance, de beauté et de talents», s’est félicitée Mme de Fontenay, qui a toutefois rappelé que la France «a vécu il y a quelques jours des heures dramatiques, il ne faut pas l’oublier».

«Puissent un jour les canons de la beauté, incarnées par ces jeunes filles, remplacer une fois pour toutes, toutes les guerres», a conclu la «Dame au chapeau».

La nouvelle Miss Prestige national, qui réside à Gravelines, près de Dunkerque (Nord), est étudiante en licence de droit et aspire à devenir avocate.

Cette 4e édition de l’élection, animée par Olivier Minne et Mélody Vilbert (Miss France 1995), était retransmise en direct sur la chaîne Non Stop People.

Le jury, présidé par l’ancien directeur général de France 2, Jean Réveillon, réunissait notamment les frères Igor et Grichka Bogdanov, l’animatrice Danièle Gilbert et Miss France 1969, Suzanne Angly.

Le titre Miss Prestige national a été créé en 2010 par des comités restés fidèles à la Dame au chapeau alors qu’un «conflit éthique» faisait rage entre Geneviève de Fontenay et la société de production Endemol à qui elle avait cédé l’élection de Miss France huit ans plus tôt.

En novembre 2013, Endemol et Geneviève de Fontenay ont finalement enterré la hache de guerre en signant un pacte de non-agression, en échange de l’abandon des procédures judiciaires qui les opposaient, notamment pour concurrence déloyale et parasitisme.

Au terme de cet accord, l’élection Miss Prestige national peut désormais se dérouler après le 7 janvier de chaque année, à distance de la cérémonie Miss France dont le millésime 2015 s’est déroulée le 6 décembre à Orléans.

Geneviève de Fontenay est désormais présidente d’honneur du Comité Miss Prestige National, que préside Christiane Lillio, Miss France 1968.

AFP

 

Incidents à répétition: difficile week-end sous la Manche, trafic normal lundi

Le trafic ferroviaire fret et passagers sous la Manche devait être complètement rétabli lundi, même si des retards étaient à prévoir, après les fortes perturbations tout au long du week-end dans le tunnel entre l’Angleterre et le continent.

«Eurostar prévoit de reprendre un service complet dès (lundi) et demande à ses voyageurs de se présenter en gare normalement. Le tunnel (…) n’étant pas entièrement opérationnel, des retards pouvant aller jusqu’à 30 minutes sont encore à prévoir», a expliqué dimanche la compagnie ferroviaire dans un communiqué.

«Tout le tunnel ne sera pas réparé demain, mais il y aura des parties qui seront réparées et on aura plus de facilités de circulation dans le tunnel, ce qui nous permettra d’avoir un service normal», avait, de son côté, déclaré un peu plus tôt le directeur général d’Eurostar, Nicolas Petrovic.

La compagnie, qui pensait enfin être en mesure de convoyer ses passagers de part et d’autre du «Channel» après une fermeture de plus de douze heures samedi, due à un début d’incendie, a été contrainte de supprimer dimanche onze trains entre Londres, Bruxelles et Paris, l’incident étant «en cours» de règlement, d’après le site internet d’Eurotunnel.

L’attente, pour le service passagers, était évaluée à environ trois heures dans les deux sens sur la liaison Calais-Folkestone, selon l’exploitant du tunnel sous la Manche.

Il était demandé aux passagers de ne pas se présenter en gare s’ils n’avaient pas de réservation pour la journée de dimanche et ceux qui n’avaient pu voyager samedi étaient invités à plutôt faire au téléphone les démarches en vue d’un échange ou d’un remboursement.

Ces nouvelles perturbations ont été occasionnées par un problème électrique sur une caténaire, obligeant Eurotunnel à fermer l’installation pendant deux heures dimanche.

«Eurotunnel a eu un autre incident d’infrastructures, un incident technique d’électricité sur une caténaire vers 10 heures du matin, donc ils ont refermé les deux tunnels de 10 heures à midi», a expliqué à l’AFP M. Petrovic.

La circulation n’avait alors repris que depuis quelques heures, à 02H45 GMT au départ de la Grande-Bretagne et à 04H30 GMT à partir de la France.

 

- «Plusieurs milliers» de clients touchés -

Tout l’après-midi de samedi et une bonne partie de la nuit, le tunnel était resté fermé après un début d’incendie, rapidement maîtrisé, mais qui a paralysé toute circulation en raison d’une importante fumée.

Alors que 400 trains – et environ dix fois plus de camions – empruntent le tunnel chaque jour dans les deux sens, de nombreux passagers étaient restés à quai de part et d’autre de la Manche, contraints pour certains de passer la nuit à l’hôtel.

Eurostar a d’ailleurs estimé à «plusieurs milliers» le nombre de ses clients touchés par la situation, sans pour autant préciser si des rames supplémentaires avaient été mises en service pour faciliter leur voyage.

La compagnie évoquait seulement dimanche matin des trains «très chargés» et une disponibilité «limitée» sur son site internet, assurant qu’elle ferait de son «mieux» pour transporter les passagers qui devaient voyager samedi mais, de préférence, sur des trains «partant après 13H00 GMT» dimanche.

La direction d’Eurotunnel cherchait à évaluer les dégâts causés par l’incendie de la veille : des experts étaient toujours présents dans le tunnel nord sous lequel la navette sinistrée restait bloquée.

Dès que les détecteurs de fumée avaient signalé l’incident samedi au passage d’une navette-camions allant de l’Angleterre vers la France, les systèmes de sécurité avaient arrêté le convoi dans le tunnel, côté français, afin de l’inspecter.

La quarantaine de personnes présentes sur la navette avaient été évacuées par le tunnel de service et prises en charge au terminal français.

En novembre 2012, un incendie sur une navette de fret avait déjà entraîné l’arrêt du trafic sous la Manche, pendant deux heures. Et le 11 septembre 2008, un incendie sur une navette de poids lourds avait causé d’importants dégâts. 650 mètres de structures avaient été endommagés dans la section sud du tunnel, ce qui avait paralysé le trafic pendant environ 30 heures. L’incendie avait ensuite perturbé pendant cinq mois la circulation des Eurostar, trains de marchandises et navettes de tourisme.

AFP

 

Un groupe se réclamant de l’EI pirate le compte Twitter du Centcom

Des pirates informatiques se réclamant du groupe Etat islamique ont brièvement pris le contrôle lundi des comptes Twitter et YouTube du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), une intrusion embarrassante pour l’armée américaine en pleine guerre contre l’EI en Syrie et Irak.

Le piratage a duré 30 minutes, selon le Pentagone. Aucun document classifé n’a été diffusé, a précisé le Centcom.

Au moment de l’attaque, le compte Twitter du Centcom affichait une bannière noire et blanche, avec l’image d’un combattant masqué et les mots «CyberCaliphate» et la mention «I love you Isis» (acronyme américain de l’Etat islamique, ndlr).

«L’EI est déjà là, nous sommes dans vos ordinateurs, dans chaque base militaire américaine», écrivaient par exemple les pirates.

Les messages comportaient aussi des documents ayant l’apparence de documents officiels, comme une liste d’adresses personnelles d’officiers américains.

Le Pentagone a rapidement minimisé la portée du piratage, survenu au moment même ou le président Barack Obama s’exprimait à Washington sur la protection des données personnelles.

C’est un «acte de vandalisme (…) à peine plus qu’une cyber-blague», a déclaré le colonel Steven Warren,un porte-parole du Pentagone. «En aucun cas cela ne compromet nos opérations», a-t-il estimé.

Les pirates ne sont en aucun cas entrés dans les systèmes informatiques du Pentagone, ils ont piraté des comptes hébergés à l’extérieur, par des sociétés commerciales, a-t-il souligné.

«Twitter a été piraté, pas le Centcom», a-t-il encore affirmé.

Après avoir suspendu les comptes attaqués, les militaires américains se sont attachés à identifier les documents publiés. «Notre première évaluation est qu’aucune information classifiée n’a été publiée», a déclaré le Pentagone quelques heures après le piratage. Les informations postées «ne viennent pas du serveur du Centcom», a ajouté le Pentagone.

- Communication et propagande -

Le colonel Warren de son côté a expliqué que les données personnelles publiées sur les officiers américains étaient «publiques», accessibles à tous.

Lors de son point de presse quotidien, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a lui aussi invité à ne pas surévaluer l’incident en terme de sécurité informatique.

«Il y a une différence assez notable entre un piratage de compte de Twitter et une intrusion dans des données informatiques» a-t-il souligné.

Le commandement militaire au Moyen-Orient, qui supervise toutes les opérations militaires en Irak, en Syrie et en Afghanistan, est situé à Tampa, en Floride (sud-est).

Certains documents postés ressemblaient à des copies d’écran d’autres sites internet.

Un message comportait une liste de sites nucléaires en Corée du Nord, publiée en réalité par la Fédération des scientifiques américains, une respectable ONG américaine informant le public sur les questions scientifiques et nucléaires.

Un des messages postés faisait référence à la Chine et aux opérations d’ISR (acronyme militaire pour Renseignement, surveillance et reconnaissance) dans la zone. «Les réseaux du Pentagone piratés !», disait un gros titre au-dessus d’un genre de présentation Power Point, semblant plus académique que militaire.

Les chefs militaires américains ont déjà relevé les talents du groupe EI pour la communication et la propagande, notamment pour attirer de nouvelles recrues.

Pour ce qui concerne la sécurité informatique, les autorités américaines sont plus préoccupées par des attaques comme celle qui a visé Sony Pictures, un acte qui est attribué à la Corée du Nord.

Ce piratage, l’un des plus importants jamais subis par une entreprise, a dévasté le système informatique de Sony Pictures, dérobé et diffusé sur internet les données confidentielles de 47.000 employés et tiers du studio.

Lundi, au moment même du piratage des comptes du Centcom, le président Barack Obama présentait plusieurs projets de loi visant à renforcer la protection des données personnelles sur internet, en musclant et en harmonisant les règlementations en place.

La France renforce la sécurité, Charlie Hebdo persiste et signe

Le journal satirique Charlie Hebdo, décimé par un attentat islamiste pour avoir publié des dessins deMahomet, persiste et signe en Une de son prochain numéro de mercredi en lui faisant proclamer: “Je suis Charlie”.

La nouvelle Une de Charlie Hebdo est dévoilée alors que le gouvernement s’est attelé à renforcer la sécurité et préserver le fragile trésor de l’unité au lendemain de la marche historique contre le terrorisme qui a réuni près de 4 millions de personnes dans tout le pays.

Charlie Hebdo représente en couverture un prophète qui pleure, habillé de blanc, et tenant entre ses mains le slogan mondial des manifestants contre l’attentat.

- “Tout est pardonné” -

Au-dessus du dessin, le journal titre “Tout est pardonné”, un dessin signé Luz obtenu par l’AFP lundi soir.

Ce numéro dit “des survivants” — Luz est l’un des rescapés de la fusillade de mercredi — sera tiré à trois millions d’exemplaires, contre 60.000 habituellement, et vendu dans 25 pays.

La marche en soutien à Charlie Hebdo a constitué une “réponse inouïe, extraordinaire” aux attentats qui ont fait 17 morts, a salué lundi Manuel Valls tandis que l’exécutif annonçait de premières mesures de protection, notamment à destination de la communauté juive.

Ardente obligation pour le gouvernement: éviter de nouvelles tragédies comme celles qui ont coûté la vie à 12 personnes mercredi à Charlie Hebdo, une policière le lendemain à Montrouge et 4 personnes de confession juive dans une épicerie casher vendredi porte de Vincennes.

Les 717 écoles et lieux de culte juifs de France ont été protégés, dès ce lundi, par 4.700 policiers et gendarmes supplémentaires.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a fait cette annonce devant des parents d’élèves de l’école juive Yaguel Yaacov de Montrouge (Hauts-de-Seine).

C’est près de cet établissement qu’a été tuée une jeune policière jeudi, attaque revendiquée par le jihadiste Amédy Coulibaly, auteur ensuite de la prise d’otages sanglante à l’Hyper Cacher.

En outre l’armée va déployer des moyens sans précédent pour assurer la sécurité du territoire. Le nombre de militaires, qui était de 2.000 dimanche soir sur le terrain, passera ainsi à 5.400 lundi soir, 8.500 mardi et 10.500 mercredi.

Ces renforts iront aussi à la protection des lieux de culte musulmans, a-t-on indiqué Place Beauvau en début de soirée, après l’annonce que plus d’une cinquantaine d’actes antimusulmans ont été relevés depuis l’attentat jihadiste contre Charlie Hebdo mercredi. “Du jamais vu” selon l’Observatoire contre l’islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM).

Sur le plan législatif, le gouvernement, qui a déjà adopté deux lois antiterroristes en deux ans, a formulé quelques pistes. Manuel Valls a ainsi déjà annoncé vouloir améliorer le “renseignement” en milieu carcéral et “généraliser” l’isolement en prison “des détenus islamistes radicaux”.

Autres chantiers que pourrait évoquer Manuel Valls mardi à l’Assemblée: “améliorer” le système des écoutes administratives et judiciaires. Hasard du travail parlementaire, le gouvernement a déjà un “véhicule” législatif à l’approche à travers une loi sur le renseignement en préparation.

De son côté, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, a préconisé lundi des mesures d’interdiction de territoire de Français de retour de jihad en Syrie ou encore l’”encellulement individuel” des jihadistes.

Amédy Coulibaly et Chérif Kouachi, l’un des deux frères auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo, étaient passés par la prison avant leurs attaques mortelles.

Le premier, a dit M. Valls sur BFMTV et RMC, avait “sans doute un complice”, la traque “se poursuit”, a-t-il ajouté. Quelque 1.400 jihadistes français ou résidents en France sont “concernés” par des départs pour combattre en Syrie et en Irak et 70 y sont morts, a-t-il précisé.

- ‘L’esprit du 11 janvier’ -

Le consensus émotionnel autour des 17 morts devrait se prolonger par plusieurs cérémonies.

François Hollande présidera un hommage solennel aux trois policiers tués mardi à 11H00 à la préfecture de police de Paris. Il y aura aussi cette semaine un hommage aux Invalides à l’ensemble des victimes des attentats de la semaine dernière.

Une séance spéciale aura lieu mardi à l’Assemblée pour un hommage qui remplacera les souvent batailleuses questions au gouvernement.

Dans les prises de parole lundi affleurait le désir de préserver l’unité qui a fait du 11 janvier un jour historique.

L’ancien Premier ministre Alain Juppé a ainsi salué le “sang-froid et la détermination” de l’exécutif dans la gestion de la crise alors que Nicolas Sarkozy a estimé que François Hollande “a fait ce qu’il devait faire”.

Le Parlement va tirer les leçons des attentats de la semaine dernière pour renforcer la lutte contre le terrorisme, vraisemblablement à travers la constitution d’une commission d’enquête, selon des sources concordantes.

Nicolas Sarkozy, interrogé sur l’association ou non du FN à ces réflexions, a appelé à n’exclure personne, interrogé sur l’association ou non du FN à ces réflexions.

Ce qui n’a pas empêché Marine Le Pen de juger que sa proposition de commission commune n’était pas une réponse à la hauteur.

Manuel Valls a appelé “chacun” à ne pas “laisser retomber l’esprit du 11 janvier”, notamment à l’école où des minutes de silence ont parfois été perturbées jeudi .

La ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a ainsi consulté lundi les syndicats de l’éducation et les fédérations de parents sur les valeurs de la République.

Une enquête a été aussi ouverte lundi pour apologie du terrorisme à l’encontre du polémiste Dieudonné, qui a écrit dimanche sur sa page Facebook: “Je me sens Charlie Coulibaly.”

“Il ne faut pas confondre la liberté d’opinion avec l’antisémitisme, le racisme, le négationnisme”, a insisté Manuel Valls. Et l’actionnaire de plusieurs Zenith a donné instruction à ses équipes de “ne pas programmer le spectacle de Dieudonné”.

La mobilisation populaire suscitée par les attentats a été inédite par sa dimension planétaire et les images stupéfiantes qu’elle a donnée dimanche de dirigeants étrangers défilant sur la même ligne, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

M. Netanyahu s’est recueilli lundi matin sur les lieux de la prise d’otages du supermarché casher, allumant une bougie à la mémoire des victimes.

Et la Maison Blanche a même regretté publiquement de ne pas avoir envoyé un responsable de premier plan à la “marche républicaine”.

Merkel s’immisce dans les législatives grecques et suscite la controverse

Angela Merkel aurait avancé être prête à laisser sortir la Grèce de la zone euro en cas d’arrivée au pouvoir de la gauche radicale dans ce pays.

Angela Merkel aurait avancé être prête à laisser sortir la Grèce de la zone euro en cas d’arrivée au pouvoir de la gauche radicale dans ce pays.

La chancelière Angela Merkel suscitait dimanche la controverse en Allemagne, jusqu’au sein de sa majorité politique, après une information de presse selon laquelle elle était prête à laisser sortir la Grèce de la zone euro en cas d’arrivée au pouvoir de la gauche radicale dans ce pays.

«Le gouvernement allemand juge quasiment inévitable une sortie (de la Grèce) de la zone euro, si le chef de l’opposition Alexis Tsipras (Gauche radicale Syriza) dirige le gouvernement après les élections (législatives du 25 janvier), abandonne la ligne de rigueur budgétaire et ne rembourse plus les dettes du pays», a écrit samedi soir sur son site internet l’hebdomadaire Der Spiegel, s’appuyant sur «des sources proches du gouvernement allemand».

Pour les médias allemands, la chancelière et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble (tous deux conservateurs CDU) tentent de faire pression sur les électeurs grecs ou sur M. Tsipras lui-même. Mais la démarche est controversée, y compris au sein de sa coalition gouvernementale, des sociaux-démocrates mais aussi des conservateurs ayant exprimé publiquement leur réprobation.

Interrogés par l’AFP, la chancellerie et le ministère allemand des Finances n’ont souhaité ni confirmer, ni démentir, les informations du Spiegel. «La Grèce a rempli ses obligations dans le passé. Le gouvernement allemand part du principe que la Grèce va continuer à l’avenir de remplir ses obligations envers la troïka» de ses créanciers (Union européenneBanque centrale européenneFonds monétaire international), a simplement déclaré un porte-parole du gouvernement.

Un haut responsable de la CDU, Christian Bäumler, a adressé une mise en garde dimanche: «en cas de sortie de l’euro, les dettes (de la Grèce) ne pourraient pas être remboursées, et l’Allemagne porterait une part significative du fardeau».

«Avec ce scénario de menace (…), le gouvernement se mêle indirectement de la campagne (électorale) grecque. C’est extrêmement risqué et c’est une erreur», commentait dimanche le quotidien Die Welt, proche des conservateurs.

«Cette menace est susceptible d’encore renforcer le mécontentement en Grèce vis-à-vis des Allemands et d’aider ainsi Alexis Tsipras dans sa campagne. (…) Cela pourrait aussi nourrir l’instabilité en Grèce et même conduire» à un mouvement de panique s’accompagnant d’une ruée vers les guichets des banques pour des retraits de dépôts, poursuivait Die Welt.

«Coup de bluff»

Enfin, «les élites politiques grecques pourraient voir dans la menace de Merkel un pur coup de bluff et augmenter au contraire la pression sur leurs créanciers européens», ajoutait le quotidien.

En théorie, aucun mécanisme ne prévoit la sortie d’un pays de la zone euro. Mais à Berlin, on imagine que si la Grèce ne remplissait plus ses engagements, la BCE pourrait restreindre les possibilités de refinancement des banques grecques au point de contraindre Athènes à réintroduire la drachme…

Les sociaux-démocrates (SPD), membres de la «grande coalition» au pouvoir à Berlin, ont publiquement contesté la démarche attribuée à Mme Merkel.

Ainsi, le vice-président du groupe SPD au Bundestag (la chambre basse du parlement), chargé de l’euro, a estimé que les conservateurs avaient, seuls, été à l’origine de cette «fuite». «Un changement de ligne du gouvernement? Plutôt une grave erreur de la CDU», a-t-il commenté sur son compte twitter.

Dès samedi, le secrétaire d’Etat social-démocrate aux Affaires européennes, Michael Roth, avait pris ses distances. «La Grèce est membre de la zone euro. Et doit le rester», avait-il affirmé via son compte Twitter.

La Gauche radicale allemande (opposition), a sans surprise tiré à boulets rouges sur la chancelière. «Avec ce type de chantage public on veut déstabiliser la Grèce avant les élections», a jugé le président de Die Linke, Bernd Riexinger.

Le parlement grec a annoncé mercredi sa dissolution et a confirmé l’organisation le 25 janvier d’élections législatives anticipées pour lesquelles la gauche radicale, Syriza, est donnée favorite par les sondages.

Une telle victoire de Syriza marquerait l’amorce d’un «changement nécessaire» en Europe qui entraînerait notamment l’Espagne et l’Irlande sur la même voie, a pronostiqué samedi son chef, Alexis Tsipras, pourfendeur des politiques d’austérité imposées à la Grèce par ses créanciers.

En Afghanistan, même les orphelins sont victimes de la corruption

En Afghanistan, même les orphelins sont victimes de la corruption

Au coeur de Kaboul, capitale d’un pays secoué par les conflits depuis 35 ans, l’orphelinat privé Fenêtres d’espoir (Windows of Hope) accueille 12 enfants, en majorité des handicapés, avec un maigre budget soutenu par quelques dons étrangers.

Ces sont les enfants dont personne ne s’occupe“, explique Frozan, 22 ans dont déjà six à la tête de l’orphelinat, sans cacher la difficulté de la tâche, car “ils ont besoin de quelqu’un à tout moment de la journée“.

Beaucoup sont des victimes de la guerre, qui ont perdu leurs familles. Ils ont souffert, ils ont des problèmes psychologiques, et les proches qui leur restent ne sont pas prêts à les garder“, dit-elle.

Frozan a elle même perdu ses parents dans un bombardement pendant la guerre civile des années 1990. Elle avait alors six mois, et y a perdu une jambe. Malgré le traumatisme cette jeune femme déterminée a décidé de s’investir corps et âme pour aider ses jeunes semblables.

Au moins son orphelinat reste-t-il, en principe, à l’abri de la corruption qui gangrène et paralyse la trentaine d’orphelinats d’Etat. Et avec sa taille réduite, il peut choyer davantage ses orphelins que les grands établissements publics.

Dans l’un d’eux en effet, le Tahia Maskan à Kaboul, 500 garçons âgés de 11 à 18 ans vivent dans un grand bâtiment délabré et sous-équipé.

- Faux orphelins -

Nos enfants mangent de la viande, du yaourt et des fruits au moins trois fois par semaine, et du riz tous les jours“, explique le directeur des orphelinats d’Afghanistan, Sayed Abdullah Hashimi, qui gère également le Tahia Maskan.

Mais il admet également que certains parents bien connectés utilisent les orphelinats pour loger et éduquer leurs enfants à peu de frais, détournant l’aide déjà maigre destinée aux vrais orphelins. “Ils ont des relations avec les élus et les ministres“, confirme Frozan, furieuse, en appelant le gouvernement à ne plus accepter que “les orphelins légitimes” dans ses orphelinats.

Après la chute des talibans en 2001, les milliards de dollars de l’aide internationale ont alimenté une corruption endémique qui a fait de l’Afghanistan le quatrième pays le plus corrompu au monde selon Transparency International.

Le nouveau président Ashraf Ghani a, dès son arrivée au pouvoir en septembre dernier, promis de s’attaquer à ce fléau, mais la tâche est titanesque dans un pays où il n’épargne aucun secteur.

Les orphelinats ne fournissent pas les services aux plus vulnérables“, résume sans ambages Sami Hashemi, spécialiste de la protection de l’enfance pour l’Unicef à Kaboul, en dénonçant implicitement les détournements de fonds publics.

Sur les 85 afghanis (un peu plus d’un euro) alloués par jour pour les repas des enfants, seul 50 afghanis sont versés aux établissements, le reste étant capté au passage par de nombreux responsables, assure-t-il.

- ‘Besoin de personnes intègres’ -

Nous avons besoin de personnes intègres” et “dédiées à la seule cause des enfants“, pas de “corrompus“, plaide Sayed Abdullah Hashimi.

Seuls 12% des quelque 110.000 orphelins que compte le pays sont en orphelinats, selon le gouvernement. La majorité des autres est prise en charge par la famille élargie.

Mais M. Hashimi reste optimiste, en rappelant qu’”avec le soutien de la communauté internationale, les conditions de vie dans les orphelinats se sont beaucoup améliorées” ces dernières années. “Nous espérons résoudre tous les problèmes, y compris la corruption“.

Outre la corruption, l’incertitude sur la pérennité des ressources pourrait peser sur l’avenir des orphelins en Afghanistan, au moment où l’Otan vient de retirer du pays ses troupes de combat, et que beaucoup anticipent une forte baisse de l’aide internationale à l’Afghanistan ces prochaines années.

Cette manne, qui finance une bonne partie du budget afghan, est massive: selon le gouvernement américain, les Etats-unis y ont à eux seuls dépensé 104 milliards de dollars depuis 2002 pour la reconstruction du pays, forces de sécurité comprises.

A défaut de mettre fin au conflit, elle a permis de construire de nouveaux équipements et de financer de multiples programmes d’aides. Mais l’impact a été bien moins décisif qu’espéré, notamment dans les services sociaux comme les orphelinats.

Pour continuer à exister, l’orphelinat Fenêtres d’espoir espère être à l’avenir aidé par le gouvernement ou d’autres acteurs locaux.

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Dans son message de Noël, Nicolas Sarkozy fait l’éloge de la laïcité

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LE SCAN POLITIQUE – À la veille de Noël, le président de l’UMP assure que la laïcité est un facteur du rassemblement dont la France a besoin pour affronter la crise. Il juge également que les récentes agressions doivent être punies «avec la plus extrême rigueur».Nicolas Sarkozy avait joué la carte de la discrétion ces derniers jours, alors que les drames se succédaient à Joué-lès-Tours, Dijon ou Nantes. Mais à la veille de Noël, le président de l’UMP sort de son silence. Dans un message publié sur sa page Facebook, l’ancien chef de l’État juge que ces agressions doivent être punies «avec la plus extrême rigueur». «La faiblesse et le laxisme nous sont interdits face à de tels comportements», écrit-il. «Je veux dire mon soutien à nos compatriotes qui viennent d’être les victimes d’une violence aveugle et démente alors qu’ils faisaient simplement leurs derniers préparatifs de fête». Alors que les enquêtes démarrent, le patron de l’UMP ne prend pas le risque d’évoquer le terrorisme djihadiste.

Dans son message de Noël, il tient cependant à fustiger les «bourreaux» de l’État islamique et la persécution des chrétiens d’Orient. «Ils vont célébrer Noël dans le dénuement le plus complet car ils ont été chassés de leurs villages et de leurs maisons pour avoir commis le crime de ne pas prier comme leurs bourreaux», déplore-t-il. «En France, dans un pays longtemps miné par les guerres de religion et la tentation de l’intolérance, la laïcité est un rempart qui protège la liberté de conscience. La laïcité n’est pas là pour condamner ou pour exclure mais pour rapprocher, réconcilier et même rassembler ceux que les différences dans la foi ou l’incrédulité pourraient opposer», affirme encore l’ancien chef de l’État.

Une «unité» dont la France a besoin popur «affronter la crise», estime Nicolas Sarkozy. «Ne cherchons pas à la diviser par des jeux de rôles. La vie collective est toujours un équilibre fragile», soutient-il. «Une histoire longue, tumultueuse et douloureuse nous a appris, en France, à préserver la paix civile par le culte de la tolérance et la pratique quotidienne du respect de l’autre. La célébration de Noël et la joie qui l’accompagne n’offensent personne et disent simplement ce que nous sommes», conclut-il.

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